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 Chiottes [Alec =)]

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Aldona Eltsine
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MessageSujet: Chiottes [Alec =)]   Dim 17 Juil - 23:27

    Quittant la circulation dense du centre ville, le taxi s'engagea sur le parking du casino pour déposer sa passagère devant l'entrée. Offrant un sourire radieux au conducteur en même temps que les quelques billets qu'il lui réclamait, Adlona descendit du véhicule pour se trouver face à l'imposant bâtiment. Une masse sans fenêtre, l'unique porte flanquée de deux gardes aux bras aussi épais que des cuisses. Portée par de hauts talons aiguilles ( =D ) et une robe saillante qui découvrait autant ses jambes qu'elle offrait un décolleté vertigineux, elle s'engagea sur l'allée bordée de gazon synthétique du casino, passant devant la limousine de location et la fontaine. Plus kitsch, tu meurs, mais c'est le principe d'un casino après tout. Faire du tape-à-l’œil et attirer la clientèle fortunée.
    Lorsqu'elle entra dans la salle principale, cette dernière était déjà bondée. Des hommes soignés en costume, des femmes distinguées ornées de leurs plus beaux bijoux. Et ces vieux loubards qui se pendaient aux machines à sous dans l'espoir de voir leur vie changer alors qu'ils ne jouaient déjà plus que pour payer leurs dettes. Quelques jeunes venus pour le frisson et la découverte, des gens âgés qui semblaient avoir confondu le casino avec leur salon de thé. Une immense variété de style qui donnaient à l'endroit l'aspect bigarré d'un jour de marché. Mais d'un jour de marché sur les Champs Elysée tant l'endroit était riche et prestigieux. Adressant quelques minces sourires à ceux qui croisaient son regard, elle se dirigea avec assurance vers le bar.
    Elle n'était pas venue ici pour tenter sa chance, ni pour s'asseoir à une table. Elle connaissait l'ambiance des casinos, en appréciait l'atmosphère feutrée et tendue. Celle de l'appréhension, de l'espoir, du jeu. Mais au-delà, elle venait parce qu'elle savait qu'ici, elle pouvait croiser des gens intéressants. Qui évoluaient dans un monde parallèle au sien. Et pour une nouvelle venue en ville comme Aldona, faire des connaissances et tisser un réseau social n'était pas un luxe dont elle pouvait se passer.
    S'accoudant au bar et commandant un quelconque cocktail, elle se mit à observer la population qui se distinguait dans ce lieu clos, s'attardant parfois sur ceux dont l'aura signifiait l'importance ou à l'inverse, ceux dont la misère tranchai. Jusqu'à ce qu'un couple éméché passe par là et voulant l'éviter, fasse le mouvement inverse et ne lui rentre violemment dedans, lui faisant percuter le comptoir auquel elle était accoudée. D'un geste malheureux pour se rattraper, Aldona renversa son verre, tâchant la robe rouge qu'elle portait. Lâchant un juron etouffé, elle fusilla du regard le couple qui s'éloignait en riant, n'ayant apparemment même pas capté qu'ils venaient de heurter quelqu'un.
    "Vous saignez mademoiselle...". Remerciant d'une signe de tête son indicateur, Aldona quitta le bar en levant les yeux au ciel, maudissant la crétinerie du peuple et se dirigea d'un pas sec vers les toilettes. Face au miroir, elle tenta d'essuyer l'alcool qui avait dégouliné comme une vieille trainée sombre et les quelques gouttes de sang qui perlaient sur son menton. N'ayant guère de résultat probant avec la robe, elle se résignait à rentrer chez elle quand le claquement de la porte l'interrompit dans le cours de ses pensées.
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Alec Cavendish
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MessageSujet: Re: Chiottes [Alec =)]   Lun 18 Juil - 13:56

    Roi de pique.

    - Rhaa, putain, je me couche...

    Décidément, ce n'était pas son soir. Autant il s'était déjà fait des couilles en or ; autant ce soir il renflouait les caisses du casino. Agacé, Alec se leva de son siège, abandonnant la partie en cours sous le regard outré de la croupière. Mais les trois hommes qui jouaient contre lui s'en fichaient éperdument, bien que les mises seraient à présent moins alléchantes. En même temps, que pouvait-il bien faire avec un six de cœur et un trois de trèfle... La donne avait été lamentable : valet de cœur, deux de cœur, dame de pique et as de cœur. Puis le roi de pique. Il ne pouvait tout simplement rien faire, alors que les autres joueurs, eux, pouvaient avoir une suite royale ou une couleur, ou ne serait-ce qu'une paire d'as. Et il devait faire le poids avec un six pour arme ultime. Mais bien sûr.
    De mauvaise humeur, il aboya un verre de whisky au comptoir du casino. Forcé de constater qu'il était un mauvais perdant, il descendit cul sec son verre, faisant passer ainsi le goût amer de la déception. Inutile qu'il se tente les jeux de hasard, apparemment ce n'était pas son soir. Malheureux aux jeux, heureux en amour dit-on... Lançant un regard à la salle, ses yeux se perdirent sur diverses silhouettes élancées, sublimées par des robes moulantes et courtes, ne cachant que le strict minimum, laissant juste deviner quelles courbes parfaites pouvaient s'y cacher. Adouci par le paysage, il redemanda un verre au barman, le gratifiant d'un sourire poli et aimable. Servi dans la minute, il s'avachit sur le tabouret, les coudes sur le comptoir, et admira les reflets ambre du précieux alcool.

    Lancé dans une grande conversation sur la chirurgie plastique avec une quadragénaire - qui n'en semblait que vingt-cinq -, Alec ne vit pas l'heure tournée. Pas très grande et plutôt boulotte, la dénommée Shirley avait fait sa crise de la quarantaine en passant sur le billard : liposuccion, rhinoplastie, implants mammaires et lifting. Au gré de l’énumération de ces diverses opérations, le regard d'Alec voyageait sur le corps à présent alléchant de la diva : une silhouette en sablier, au décolté généreux et aux hanches marquées, le visage lisse et au teint parfait. Tout en racontant sa vie, la quadragénaire descendait des flutes de champagne. Peu à peu, elle devint plus évaporée, s'offrant de grands éclats de rire sonores aux sarcasmes d'Alec. Tandis que la diva devenait de plus en plus vulgaire, balançant sur toute la haute de Bright Fall, un homme d'une cinquantaine d'années l'attrapa par le bras, l'intimant à quitter le casino, dès maintenant. Le regard noir de l'homme fit taire les protestations de Shirley, qui disposa alors après avoir salué Alec.
    Le jeune homme finit son verre et se leva lui aussi. Même si ses premiers pas furent quelque peu chancelants, il retrouva rapidement un semblant d'équilibre et se dirigea vers les toilettes. De rester assis pendant bien quatre heures lui avait compressé la vessie, et à présent, ça urgeait. Poussant la porte, il entra dans les toilettes, sans prêter attention à la charmante demoiselle qui s'affairait. Machinalement, il déboucla sa ceinture avant même d'arriver aux pissotières. Mais au moment d'ouvrir sa braguette, il se figea, sentant un regard peser dans son dos.

    - Hum. Bien que je comprenne votre curiosité, je comptais sur votre discrétion et votre civilité... laissa t-il tomber, sans prendre la peine de finir sa phrase, le plus gros du message étant passé.


Dernière édition par Alec Cavendish le Mar 19 Juil - 0:40, édité 1 fois
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Aldona Eltsine
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MessageSujet: Re: Chiottes [Alec =)]   Lun 18 Juil - 21:53

    Naturellement, ses yeux se posèrent sur la personne qui entrait, la regardant sans la dévisager pour revenir au robinet. Mais un sentiment demeurait, l’impression persistante d'avoir raté quelque chose, et quelque chose d’essentiel. Reportant son attention vers le type qui débouclait déjà sa ceinture, elle se permit de le détailler. Pas bien grand, mais plus que la taille, il avait la gueule du nabot teigneux. C'était inscrit sur son visage. Elle en savait quelque chose, elle avait déjà rencontré quelqu'un comme ça autrefois. Quelqu'un qui lui ressemblait affreusement. Mais son image précise s'était dissipée dans le brouillard du temps et ça faisait un moment qu'elle n'avait plus réellement songé à lui.
    Perdue dans ses pensées, elle ne parvenait pas à détacher son regard de l'homme qui s'affairait pour soulager sa vessie, inconsciente de l'indécence de son attention. Car non, ce n'était même pas pervers, et elle ne faisait absolument pas gaffe à ses gestes. Elle se contentait de fouiller sa mémoire, n'osant faire le lien pourtant évident entre ce visage et celui 8 ans plus jeune d'Alec. La coïncidence était si improbable qu'elle peinait à y croire, ne pouvant admettre rationnellement que leurs chemins puissent à nouveau de se croiser.
    C'est sa remarque agacé qui la tira de ses pensées. Comprenant le manque de pudeur dont elle faisait preuve, elle grommela une excuse, le rose aux joues, et s'en revint à son lavabo, gênée et presque vexée d'avoir été prise en flagrant délit. Rhaa, comme si elle avait envie de mater son anatomie. Comme si il était désirable, avec sa gueule d'alien et son front aussi large qu'une piste d'atterrissage. Comme si elle voulait en voir plus. Idée absurde. Mais inconsciemment, alors qu'elle se lavait les mains mécaniquement, ses yeux remontèrent vers le miroir, cherchant à capter le reflet du type.
    Elle le voyait de dos, les épaules ramassées, un sweat informe dont le logo était caché par des cheveux longs. Cette voix nasillarde. Et une vague odeur de whisky. Bordel, ce ne pouvait être que lui. Il ne pouvait y en avoir deux ainsi, Dame nature ne l'aurait pas permis. C’était donc bien ce petit con de Alec Cavendish, qui apparemment, avait bien vieilli. Forcé mènent, ça faisait déjà huit ans que leurs chemins s’étaient séparés. Il ressemblait déjà moins à un pseudo metalleux en quête d'identité, plus à un mec jusqu'au cou dans la délinquance. Enfin, elle partait en live toute seule, elle n'avait même pas la certitude que c'était bien lui. Qu'une seule façon de le savoir.

      - Pardonnez moi de l'impolitesse de la question, mais… Tu ne serais pas Alec ?

    Bon, il y a mieux que d'agresser quelqu'un lorsqu'il est occupé à pisser, mais en l'occurrence, un bouillonnement de pensées s'entrechoquaient dans son esprit, l'enivrant de perspectives et paralysant une réflexion plus pragmatique. Elle n'avait pu retenir la question qui lui brûlait les lèvres. Prenant garde à ne pas le regarder pendant qu'il se soulageait, elle alla s'adosser au mur et se prit de passion pour les portes des chiottes afin d'empêcher ses yeux de dévier. Un léger sourire retroussait ses lèvres dans l'attente d'une réponse. Comme si elle avait l'intime conviction qu'il s'agissait bien de lui. Et que finalement, la soirée avait été loin d'être vaine...
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MessageSujet: Re: Chiottes [Alec =)]   Mar 19 Juil - 0:43

    Alec prit le grommellement irrité pour une excuse, se fendant en réponse d'un sourire amusé. Sentant le poids du regard afin s'envoler de ses épaules, il baissa sa braguette en un bruit sonore et se soulagea. Néanmoins, le silence qui planait dans les toilettes le gênait terriblement. Un silence dont seul le bruit de son jet étouffé par la porcelaine dénotait. Ce sentiment d'oppression lui coupa radicalement l'envie, d'autant plus qu'il sentait le regard de la demoiselle voyager, prouvant en son dos son point d'intérêt. Ce fut à son tour de grommeler quelque chose d'incompréhensible. Et alors qu'il allait pour se rembrailler, les bruits des talons claquèrent, indiquant la sortie prochaine de sa colocataire de quelques secondes. Lorsqu'il n'entendit plus les pas, il en inféra qu'elle était partie. Et son envie de se vider la vessie revint de plus belle. Et dans un jet puissant, il urina trois litres. Jusqu'à ce que...

    - Pardonnez moi de l'impolitesse de la question, mais… Tu ne serais pas Alec ?

    Ne s'attendant absolument pas à ce qu'une voix s'élève dans son dos, il sursauta violemment, manquant de se pisser dessus. S'ajouta à cette frayeur la surprise d'être reconnu. Putain, mais c'était qui cette nana ? Définitivement coupé dans son élan, il remballa la marchandise rapidement et se retourna. Le grain de voix lui était étrangement familier. Un ton nonchalant et blasé qui le renvoyait directement dix ans en arrière. Un certain sentiment de nostalgie, plutôt négative, l'envahit. Il détestait lorsque son passé ressortissait sans prévenir, résonnant comme le revers des claques qu'ils s'étaient prises. Et ce fut avec un regard noir qu'il embrassa la silhouette svelte d'Aldona.
    Sa première réaction fut d'en avoir aucune concrête. Écarquillant les yeux, les sourcils levés par la surprise, il entrouvrit la bouche, mais rien n'en sortit hormis un filet d'air tremblant. Et ses traits changèrent radicalement, s'adoucissant en un sourire sincèrement ravi et étonné, le regard brillant et illuminé, souligné par deux pommettes rosées remontées. Et après un bref silence, il s'esclaffa :

    - Putain, non... Ce n'est pas possible... Merde quoi.

    Perchée sur de hauts talons, l'adolescente qu'il avait connu était à présent un femme. Élancée et svelte, dotée de jolies courbes bien dessinées, le visage lisse tout en gardant un peu de chien, elle était sublime. Le sourire surpris d'Alec mourut pour laisser en naître un appréciateur.

    - 'con, t'as changé poulette... Wow...

    Il en restait sur le cul.
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MessageSujet: Re: Chiottes [Alec =)]   Mar 19 Juil - 22:36

    Il n'eut pas besoin d'ouvrir la bouche pour lui faire comprendre qu'elle ne s'était pas trompée de personne. Son expression parlait pour lui, passant d'un regard noir à la surprise la plus totale. Comme si à son tour, il venait de remettre son visage. Comme si à son tour, il venait de se prendre huit longues années dans la gueule. Mais ce qui lui réchauffa le cœur, ce fut le sourire qui succéda. Ce putain de sourire. Comment avait-elle pu l'oublier ? Son cœur fit une embardée alors qu'elle ne pouvait retenir un immense et franc sourire de réponse. Elle ne put s'empêcher toutefois de détourner les yeux lorsqu'il se prit à la déshabiller du regard, les pommettes rosissant légèrement. Plutôt déstabilisant qu'un vieux pote avare de compliment laisse clairement entendre qu'on lui plait. Toussotant pour masquer sa gêne, elle se contenta d'un "tss" avant de rebondir sur sa constatation.

      - T'es pas en reste mec... A peine reconnaissable.

    Le ton jovial appuyait cependant sur une indéniable vérité. La vie n'avait pas dû être tendre avec lui depuis que leurs routes s'étaient séparées. Le plus frappant, c'était cette maturité que son visage avait gagné. Les rides qui se marquaient déjà au coin des yeux lorsqu'il souriait, le regard froid et les traits fermés. Un coup dans la gueule, mais ça lui donnait un certain charme usé de vieux loup solitaire. Dans la mesure où elle pouvait lui admettre un charme. Son sourire seul ranimait son visage et rappelait douloureusement à Aldona que ce mec avait eu une importance capitale dans sa vie, des bons moments dont le souvenir ne s’était jamais effacé.

      - Mais bordel, que j'suis contente de te retrouver !

    Prise d'une impulsion soudaine et le visage illuminée par la joie des retrouvailles, elle se décolla du mur et vint serrer Alec dans ses bras ; une étreinte brève mais qui exprimait tout ce que les mots ne pouvaient décrire. Toutes ces émotions qui se bousculaient et surtout ce bonheur, ce plaisir de se retrouver en face de lui. Se détachant rapidement, elle recula d'un pas, le sourire éblouissant. Pour le moment, aucune ombre au tableau, l'euphorie des retrouvailles était juste grisante.

      - Raconte moi tout. Qu'est ce que tu fous là ? Depuis longtemps ? Pourquoi ? Comment ? Tu fais quoi de ta vie ? Pourquoi t'es parti ? Comment ça s'est passé depuis. Que... Merde, ça en fait trop d'un coup. Bon, j't'offre à boire - va pas me faire croire que t'as arrêté la picole - et tu me racontes tout ça. Ca marche ?

    Ouais, parce que bon, elle commençait à prendre conscience que les WCs n'étaient pas nécessairement l'endroit le plus tranquille pour tenir une discussion. Surtout que les questions se bousculaient et qu'elle n'était pas prête de le lâcher. Repoussant toutes les pensées parasites qui voulaient gâcher l'instant, elle cherchait à ne voir que la joie des retrouvailles. Et moins le fait que s'il y a retrouvailles, c'est qu'il y a eu séparation. Et l'interrogation récurrente à propos de l'absence de signe de vie durant huit ans. Mais pas le moment de s'intéresser à ça, toutes les possibilités avaient déjà eu le temps de se développer dans sa tête. C’est d’ailleurs en l’honneur de l’une d’entre elle qu’elle cracha dans un murmure, plus à elle-même qu’envers lui,

      - Putain... J'avais cru mort à la fin... C’est bon de te savoir là.

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MessageSujet: Re: Chiottes [Alec =)]   Mer 20 Juil - 20:05

    Il n'en revenait pas : c'était bien cette petite garce d'Aldona. Wow, tout cela ne le rajeunissait pas. Incapable de sortir une phrase de plus de trois mots sans la bombarder de jurons, Alec misa sur le silence, un large sourire ravi se contentant de persister sur les lèvres. Les yeux posés sur la demoiselle, il n'arrivait à détourner le regard, l'appréciant dans son intégralité, le redécouvrant. Les huits années passées l'avaient sacrément changée, changée en femme. Béatement et surtout pris de court, il se laissa étreindre. Alec se sentit toutefois troublé. Non pas que l'étreinte soit particulièrement passionnée, proche ou tout autre chose pouvant mettre dans l'embarras, mais quelque chose avait changé. Gêné, il ne put retenir un rire nerveux qu'il espérait faire passer juste pour un éclat bref et quelque peu stupide de joie. Y'avait autant de chance qu'Aldona sente sa gêne qu'elle se leurre, trop engagée dans son étreinte pour saisir les réactions de sa victime.

    - Ow, carrément, dit-il en feignant la surprise pour masquer son malaise

    Uniquement par pudeur, il évita de songer à la légère pression de la poitrine de la demoiselle contre la sienne, à son parfum entêtant, à la courbe de son dos mourant en une chute de reins scupturale. Déglutissant difficilement, il accueillit comme un soulagement le recul de la belle russe qui lui dégaina son plus beau sourire. Alec lui rendit, reprenant contenance. Rapidement, Aldona embraya sur une tripotée de questions sur sa vie, du genre quand, comment, pourquoi, avant de l'inviter à quitter les toilettes. Le jeune homme lui répondit d'un vague signe de tête, et s'avança vers la porte d'un pas nonchalant. Il l'ouvrit en un mouvement sec, conviant la belle à passer la première. Naquit alors un sourire galant. Gracieusement, il lui offrit même une petite courbette lorsqu'elle passa devant lui.

    [...]

    Le cul à moitié dans le vide - pour changer -, Alec remercia le barman d'un bref mouvement de tête, et reporta son regard sur son amie d'enfance. C'était étrange, incongru. Jamais il n'aurait pensé la revoir un jour, et voilà qu'elle était en face de lui, partageant une bouteille de Jack Daniels.

    - Tout ça ne nous rajeunit pas ma belle... Putain. Avant de commencer mon discours...

    Alec se coupa net, descendit cul-sec son verre. Révigoré par la caresse chaude de l'alcool, il se sentit près à attaquer les démons de son passé.

    - Bah, comme tu as du le remarquer (sourire désolé), je me suis tiré de L.A y'a d'ça huit piges maintenant. Marre de Holloway et sa boucle de ceinture...

    Le jeune homme marqua une pause, laissant planer ses derniers mots. Il n'avait jamais vraiment abordé ce sujet avec Aldona. Il ne pensait pas qu'elle ignorait la violence de leur relation, mais elle n'en connaissait les réels agissements. Hum, merde, voilà que l'alcool le faisait parler plus qu'il ne faudrait. Alec reprit son monologue, histoire d'ensevelir l'information sous d'autres.

    - Désolé de m'être cassé sans rien dire, mais ça s'est décidé rapidement et... et ouais, sur le coup je n'ai pas réfléchi. J'ai pris la bagnole et j'ai mis les voiles. Bright Fall, ou Seven Sins City m'a paru la destination idéale. Et encouragé par tout ce qu'on avait trippé dessus, ben, j'y ai ramené mon cul. Et toi Miss, comment t'es arrivée ici ? Parce que, de ce que j'me souviens, t'étais chez tes vieux, à faire le mur pour sortir acheter du lait...
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MessageSujet: Re: Chiottes [Alec =)]   Jeu 21 Juil - 20:14

    Elle ne s'attendait pas à tant de galanterie de sa part, et marqua un temps d'hésitation avant de sortir, lui offrant un petit sifflement appréciateur. Disons que la courbette n'était guère en accord avec ce dont elle se souvenait de lui. Mais le temps avait passé sans qu’elle ne le voit changer. Il était maintenant face à elle et malgré les souvenirs commun, ce n'était plus qu'un étranger. Ce qu'il avait vécu, ses expériences, sa vie ; plus qu'un éloignement spatial et temporel, c'était une fracture. Elle ne pouvait se baser sur ses souvenirs, seulement agir comme si elle rencontrait un homme nouveau. Difficile d’admettre qu'on a perdu quelqu'un à qui on tenait alors qu'il était sous nos yeux. Pourtant si vrai. La complicité peine à revenir après tant d'années d'éloignement. Toutefois, la joie d’Aldona était sincère et c'est en son nom qu'elle tentait de faire abstraction de ces idées peu réjouissantes.
    Mais certaines caractéristiques demeuraient et elle ne fut pas surprise de le voir commander une bouteille de Jack'. Le whisky avait toujours été la boisson d’Alec, et il y a des choses qui ne changent jamais... C'était beaucoup moins son truc, mais ses beaux yeux valaient l'effort. L'alcool lui tira un frisson alors qu'elle descendait son verre, grisant le cerveau quelques secondes avant de donner l'impression de redescendre. Ca faisait longtemps qu'elle ne s'était pas murgé la tronche avec lui, tiens... Hum, peut-être pas la meilleure chose à prévoir, en fait.
    Quoiqu’il n'y en avait pas besoin pour le moment. Il semblait déjà d'humeur aux confidences. Certes, il n'avait jamais voulu en parler, mais elle savait pour ce connard de vieux Holloway. Elle avait vu les cicatrices, les grimaces retenues lorsqu'une plaie se rouvrait et parfois, les bruits qui courent ne sont pas seulement des rumeurs. Il en avait bavé, elle le savait, et avait déjà imaginé que la disparition d’Alec était une fuite. Qu'il en avait marre de mener cette vie de chien. Apparemment, la réalité ressemblait à ça. Mais est-ce que franchement, il avait trouvé mieux ici...? La question valait le coup d'être posée. Elle le laissa finir avant d'enchainer avec une certaine douceur presque nostalgique, les yeux plus plongés dans son verre que dans ceux de son interlocuteur.

      - Pas de regrets d'être venu ici...? J’imagine que non, mais qu’est ce que t’y a gagné ? Et d’ailleurs, t'as fait quoi de ta vie ?


    Elle releva brièvement le regard vers lui, s'attardant sur ce visage qu'elle pensait connaître et qu'elle avait pourtant eu du mal à reconnaître. Accompagnée d'un nouveau verre d'alcool, une bouffée d'émotion lui brûla la gorge, la déstabilisant un court instant, avant qu'elle ne se reprenne et ne réponde posément, les mains accompagnant ses mots pour souligner que ça n'avait guère d'importance.

      - Bah, rien de palpitant. Le boulot, et un impératif hiérarchique...


    Haussant les épaules, elle préféra ne pas insister, ne sachant pas trop que lui dire ni comment il la jugerait. Préférant siroter le bord de son verre - hérésie - elle insista simplement.

      - Bref, je t’écoute.

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MessageSujet: Re: Chiottes [Alec =)]   Sam 23 Juil - 13:49

    Toujours aussi discrète sur sa vie, Aldona éclipsa sa question en en posant une autre sur lui. Comme toute protestation, il haussa vaguement les épaules, laissant l'alcool faire son travail. Encore quelques gorgées et la demoiselle serait plus en verve. Histoire d'inciter la demoiselle à consommer, Alec descendit son troisième verre, étouffant un renvoi sonore. Tandis qu'Aldona n'osait détailler, ou du moins regarder son interlocuteur, ce dernier en revanche passait au crible chaque trait, chaque courbe dessinant la demoiselle, voulant capturer chaque détail de son anatomie. Même s'il en disait rien, il était profondément touché de la revoir. Un flot de souvenirs intarissable abondait dans son esprit déjà noyé par l'alcool. Mais toute cette joie ne transparaissait pas, ou que très discrètement. Seules ses pommettes constamment relevées, soulignant un sourire timide l'intimait.
    Une lueur de dégoût vrilla dans le regard charbonné d'Aldona, confortant une moue presque écœurée. Surjouant les insurgés, il haussa le ton :

    - Putain, tu ne vas pas me faire l'affront de siroter du Jack Miss...

    Masquant l'ironie de son ton sous un regard sévère, il ôta le verre des mains d'Aldona. Puis, il la scruta une fraction de seconde avant de demander au barman un quelconque cocktail à base de vodka. De ce qui lui revenait, la demoiselle appréciait la boisson russe. Et disons que le cocktail faisait plus raffiné que de se descendre une bouteille pure.

    - P'tain, c'est toujours comme ça avec toi : on parle et tu écoutes... Va falloir cracher un peu chérie...

    Il agrémenta ses mots d'un sourire doux afin de modérer ses propos qui dans le fond sonnaient sincères. Aldona aimait restée discrète voire mystérieuse. Certes, à force de traîner ensemble, Alec avait fini par la connaître, mais des doutes planaient constamment autour de son histoire. Elle avait le don d'éclipser les sujets la concernant.
    Pour ne pas la gêner, il se décida à continuer son monologue :

    - Bah, aucun vois-tu. Même si les débuts n'ont pas été tendres... Du tout même. A présent, je me vois mal quitter c'tte ville. Je me suis trop battu pour m'y faire une place pour partir maintenant. Je ne sais pas ce que j'y ai gagné. Mais j'y ai perdu une famille de cons finis, donc dans l'idée, ça me va. Marquant une courte pause, il descendit d'un ton, ne parlant presque plus que dans un souffle chaud : Hum, je deale pas mal... Principale activité en fait. Surtout les drogues. Une des meilleures dopes de la ville... ajouta t-il avec un clin d'oeil.

    A force de voir des défoncés, il savait reconnaître à présent à quoi marchait qui, et la demoiselle en face n'était pas des plus cleans, avec une préférence pour la poudre apparemment.

    - Boulot ?! Tu fais quoi concrètement ?
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MessageSujet: Re: Chiottes [Alec =)]   Dim 24 Juil - 22:13

    Acceptant avec plaisir l'échange de verre, elle but beaucoup plus naturellement le cocktail. Fidèle à son cliché national, il n'y avait aucun alcool qu'elle appréciait plus que la vodka. N'en déplaise au buveur de whisky qu'était Alec, c'était rare qu'elle en consomme encore. Jeune, ça lui arrivait parfois d'en boire afin de se bourrer la gueule, mais c'était bien la seule utilité qu'elle lui concédait. Avec le temps et la raison, elle avait appris à favoriser ce qu'elle aimait à ce qui la saoulait. Mais l'attitude faussement outré du jeune homme l'amusait et elle ne pu s'empêcher de lui rendre la pareille avec un sourire entendu sur les derniers mots.

      - Merci... Je bois très peu de whisky pur. Pas mon truc. Ca fait pochtron.


    Elle eut un haussement d'épaule qui se voulait nonchalant face à sa remarque suivante, mais le sourire désolé trahissait un certain embarras. Il n'avait pas tord, ce coquin. Elle parlait peu d'elle, préférant s'intéresser aux autres que ce que les autres s'intéressent à elle. Et ça ne l'avait jamais desservi ; toujours protégé. Sauf, peut-être, auprès des gens qui lui étaient proches et qui mésinterprétaient cette attitude discrète avec un manque de confiance. C'était pourtant loin d'être ça. Sachant qu'elle ne pourrait se taire toute la soirée, et que de toute façon, l'alcool qui commençait à la griser lui délierait la langue, elle se contenta d'un "ouais" à peine grommelé qui voulait tout et rien dire, écoutant plutôt ce qu'il avait à dire sur ces dernières années.
    Et son discours ne l'étonnait pas. Il avait eu plus à gagner qu'à perdre en coupant les ponts avec son ancienne vie. Cette dernière n'avait rien à lui offrir, si ce n'est l'agressivité d'un beau père et un avenir aride de marginal. Son départ était justifié et Aldona ne pouvait lui reprocher, seulement regretter qu'il fut si précipité. Elle se demandait toutefois dans quelle mesure il était possible d'entamer une nouvelle vie en reniant son passé, et si celui ci ne finirait pas fatalement par le rattraper. Mais ce n'était peut-être pas le genre d'hypothèse à évoquer dans un moment pareil. Surtout qu'il enchaîna bien vite sur son « boulot ». Limite, elle aurait pu le parier, vu sa dégaine et son caractère, elle le voyait difficilement faire autre chose que de la revente illicite. Quelqu’un soit les risques. Elle se contenta d'un éclat de rire bref en réponse à sa proposition implicite.

      - Va falloir me prouver ça. J'espère que tu fais des prix à tes amis...


    Sans être une grande consommatrice de drogue, elle évoluait parmi la jet-set et avait ses habitudes avec les rails de coke lorsqu'elle se trouvait en bonne compagnie. Juste pour le fun. Ce qui n'était surement pas le cas d'Alec. Même si l'idée n'est pas excellente en soi, les revendeurs sont bien souvent de gros consommateurs. Il avait commencé lorsqu'ils étaient bien jeunes tous les deux, avaient même partagés leurs premières doses. Elle ne pouvait douter qu'il avait continué, et surement assidument alors qu'elle s'était calmé. Ils avaient pris des chemins différents ; elle ne doutait toutefois pas que leurs zigzags respectifs pourraient s'entrelacer à nouveau.
    Bref, assez écouté, assez repoussé l'instant de s'exhiber à son tour. Mais quelque chose la retenait. Une fierté qu'elle conservait, l'habitude de radicalement séparer son boulot des relations amicales qu'elle pouvait entretenir. L'omission habituelle de comment elle gagnait sa vie. Pas une honte réelle, mais ça faisait mauvais genre en société. Et même s'il était mal placé pour parler, elle craignait son regard déçu, la disparition de ce sourire et l’installation d’une certaine distance. Il espérait surement mieux d'elle et ne comprendrait pas que ça lui allait très bien. A moins qu'elle ne sous-estime son empathie. Elle décida finalement de ne pas tenter le tout pour le tout et d'espérer qu''il insisterait pas.

      - Je fais du business avec l'image et le corps... Cinéma, photo et autre... Mais rien de prestigieux, même si je côtoie plutôt la haute.

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Alec Cavendish
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MessageSujet: Re: Chiottes [Alec =)]   Lun 25 Juil - 14:14

    Alec haussa un sourcil, méprisant d'un regard sombre la remarque de la demoiselle.

    - Pochtron ? Tss... C'est juste que seuls les grands savent le savourer sans grimacer... Petite joueuse va ! laissa t-il tomber sur un ton faussement indigné.

    Comme pour appuyer ses dires, il but une gorgée généreuse de whisky, ne se fendant que d'un sourire appréciateur, le regard brillant. A force de descendre ses verres, l'alcool commençait sérieusement à monter, brouillant son esprit. Sans être torché, il était "joyeux", "tranquille", dans un état de flottement sensible. Pris d'une bouffée de chaleur, Alec ôta son sweat, dévoilant un corps frêle qui contrebalançait avec la naissance d'un petit ventre. Il se passa une main tremblante dans les cheveux, redressant les deux mèches lui encadrant le visage. Tandis qu'il commençait à se passionner pour ses avant-bras encrés, comme s'il allait y déceler un message subliminal, la voix assurée d'Aldona le tira de sa torpeur. Levant les yeux vers elle, il lui offrit un grand moment de vide. Puis, Alec reprit contenance, s'excusant de son état comateux par un maigre sourire vaguement gêné.

    - Hum... Pour les amis oui... Pour toi... Disons que c'est pour moi... dit-il sans réellement prendre la peine d'articuler, dessinant avec son index des formes abstraites dans la fine pellicule d'eau sur le comptoir.

    D'ailleurs, réglé comme une horloge, son corps le rappelait à ses besoins : celui de se faire un rail. Comme seule consolation, il renifla bruyamment. Il devrait attendre, d'autant plus qu'il était en bonne compagnie et sacrément alcoolisé. Disons qu'avec la vieille Shirley, il avait bien carburé. Mais emporté dans le discussion, il n'avait pas pris conscience de son état, plus noyé dans le flot de paroles que dans celui de l'alcool. Mais à présent, il sentait son esprit gentiment dériver dans un brouillard épais. Tentant de garder un semblant de contenance, il se concentra sur les mots de la jeune russe.

    - Alors comme ça, t'fais dans le ciné et la photo' ?! Classe... Genre quoi ? Et de grosses productions... Car si tu côtoies la haute, c'est que ça pue le piston. En même temps, tes parents étaient friqués, 'con. dit-il avec un fond d'admiration, ou plutôt d'envie sur les derniers mots.

    Eh non, le message n'avait pas atteint le cerveau. Pourtant, même si c'était à mots couverts, Aldona avait su bien les employer pour laisser entrevoir sa réelle profession, bien que dans ses dires, elle l'avouait de manière plus élégante. Mais vous avez beau crier dans l'oreille d'un sourd ou coller sous le nez d'un aveugle l'évidence, tous deux resteront dans l'ignorance de ce qu'on voulait leur dire ou montrer.

    - Et puis, je pense être mal placé pour juger ce qui est prestigieux ou pas... lança t-il avant d'étouffer un nouveau renvoi, Surtout en ce moment même...

    Pour confirmer ce qu'il avançait, il lui adressa un magnifique sourire évaporé, le regard embué. Alec n'avait pas senti l'alcool monter, du tout même. Sans être à son apogée, les quatre verres généreusement remplis de whisky descendus en quinze minutes l'avaient méchamment frappé. Ce n'était qu'un état passager. Rapidement, il retrouverait un état de lucidité, certes relatif, mais lucidité quand même.
    Alec porta la main à sa poche et en retira un paquet de cigarettes. En attrapant une du bout des lèvres, il tendit le paquet vers Aldona, l'invitant du regard à ses servir.

    - Vas-y... Enfin, si tu fumes toujours, marmonna t-il, les lèvres serrées sur sa clope.
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Aldona Eltsine
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MessageSujet: Re: Chiottes [Alec =)]   Mar 26 Juil - 22:56

    Elle ne chercha pas à renchérir à propos du whisky, sachant pertinemment que sans être une petite joueuse, elle ne pouvait lutter contre sa descente. Descente qui se faisait visible d'ailleurs. Alec venait de passer dans un autre monde, le sourire évaporé et le regard vague. C'est ce qui pouvait s'appeler avoir un coup dans le nez. Ses gestes n’étaient plus vraiment coordonnés et le débit de ses paroles plutôt aléatoire. Vaseux, en un mot, tentant de dissimuler des absences en se raccrochant à la discussion. Mais Aldona ne se serait pas permise la moindre remarque, n'étant elle-même plus très fraîche et l'ayant déjà vu dans des états pires. Tant qu'il ne vomissait pas sur sa robe déjà tâchée, ça irait. Elle était trop heureuse de le revoir pour lui reprocher de se noyer dans la boisson.
    Enfin si, elle lui reprocherait peut-être d'être con. Pas méchamment mais genre d'insister lorsqu'il ne fallait pas. Classe il disait ? Oui, c'est certain. Passer plusieurs heures par mois à se faire enfoncer par tous les trous, faut reconnaître que ça a une vraie prestance. De la pur distinction, élégance, raffinement. Classe, c’est le mot. Enfin, inutile de lui reprocher une pertinence accidentelle, autant se lancer. Il finirait bien par l'apprendre de toute façon, et surtout, elle n'avait aucune envie de lui mentir. S'il n'était pas trop obtus, il passerait outre. Quoique le connaissant, il n'aurait de cesse de la charrier à ce propos, ce qui était un moindre mal. Tout plutôt que de le perdre alors qu’elle venait de le retrouver à cause de stupide préjugés.
    Laissant s'écouler quelques longs instants pour tenter de rassembler ses pensées, elle prit le temps de boire une gorgée supplémentaires de son verre et le remercia très chaleureusement pour la cigarette. Faut dire qu'elle était une grande fumeuse, la clope trop souvent vissée au bec. L'allumant religieusement et savourant le goût acre et salvateur, elle planta son regard dans le sien - bien que ce dernier soit embué. Et le menton haut, les sourcils arqués comme si elle le mettait au défi de dire quoi que ce soit, elle cracha le morceau.

      - En fait, je fais du porno. Films et photos pour des magazines de charme. Et je me prostitue aussi, mais pas pour n'importe qui.

    Un tressaillement saisit son menton mais elle ne perdit pas l'assurance effrontée de son attitude. Non pas qu'elle revendiquait sa profession avec fierté, mais elle ne voulait pas qu'il la prenne en pitié ou qu'il pense qu'elle la subissait. Elle en avait trop pris dans la gueule à cause de l'utilisation de son cul pour ne pas être sensible à ce sujet. Mais rapidement, réalisant à qui elle avait vraiment à faire, elle se détendit et enchaîna avec un sourire un peu con.

      - Mais va crever pour que je te donne un titre ou une référence. Je ne voudrais pas heurter ta pudeur.

    La fluidité avec laquelle elle enchainait vers une boutade – aussi idiote soit-elle - était significative. La discussion était ouverte et elle assumerait ses commentaires. De plus, son regard s'était adouci. Si elle avait eu besoin de rassembler son courage pour balancer qu'elle n'était qu'une pute, le fait de l'avoir dit la soulageait un poids. De toute façon, elle ne pouvait pas retrouver Alec et lui mentir effrontément, les yeux dans les yeux. Plus légère, elle finit son cocktail dans la foulée, histoire de l'être encore plus et hésitant à en demander un autre, s'employa d'abord à finir sa clope, détaillant le petit homme en face d'elle, tentant de lutter contre les effets de l’alcool qui montait dangereusement au cerveau et commençait à se faire distinctement percevoir.
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MessageSujet: Re: Chiottes [Alec =)]   Jeu 28 Juil - 14:25

    Balançant nonchalamment le paquet de clopes sur le comptoir, Alec craqua une allumette. Certes, ça ne le faisait pas, mais on fait avec ce que l'on a, ou ce que l'on n'a pas, en l’occurrence, un briquet. La flamme s'étouffa au contact du papier, consumant lentement le tabac, libérant ainsi un filet de fumée âcre. Sa consommation allait de mal en pis. S'il avait commencé par en fumer deux ou trois en soirée, plus dans un besoin inconscient de normalisation, voulant faire comme tout le monde ; à présent, il s'enfilait un paquet à l'aise, seul, le cul sur un canapé miteux à mater des émissions débiles à la télévision. De toute manière, même s'il ne voulait se l'avouer, Alec avait été très rapidement rattrapé par la Seven Sins City. Certes, il avait déjà un caractère instable et un ego fragilisé le prédisposant aux addictions, mais le fait d'être à dix-sept ans livré à lui même dans la jungle urbaine n'avait fait que le fragmenter un peu plus. Défaillances narcissiques.

    En fait, je fais du porno. Films et photos pour des magazines de charme. Et je me prostitue aussi, mais pas pour n'importe qui.

    Alec arqua un sourcil surpris avant de partir d'un rire franc. Avec le recul, il n'était pas plus étonné que cela. Même s'il l'avait connu en tant qu'amie - vrai garçon manqué quand il s'agissait de faire des conneries - elle avait toujours plu aux mecs, notamment grâce à sa distinction naturelle, son air hautain et son charme glacial. Sans y être plus sensible que ça, Alec la considérait plus comme un pote, aussi viril que résonne ce terme. Jamais il n'avait eu une quelconque attirance sentimentale ou sexuelle, et Dieu sait qu'à partir de quinze ans ça le travaillait sérieusement. Mais par pour Aldona. Depuis le temps qu'il la côtoyait, elle était devenue asexuée à ses yeux. Il ne voyait pas en elle une femme en devenir, ce qui rendait les retrouvailles d'autant plus, comme dire, intrigantes... Oui, il se la taperait bien, tout de suite, maintenant. Surtout qu'apparemment elle donne dans le cul. Elle doit plutôt bien gérer. Et comme il ne recherche pas du cul avec amour...
    Aidé par l'alcool, son rire se prolongea quelque peu. Mais il n'y avait rien de moqueur. Juste un certain effet de surprise. La révélation l'amusait au fond. Tandis que son rire commençait à mourir en un sourire compatissant, la remarque indignée de la jeune russe lui tira un gloussement très... hum... gallinacé... Tu t'es bu quand t'as bu ? Erf...

    - Ah ouais, d'accord... Bah, pourquoi pas, lança t-il, rentrant la tête dans un haussement d'épaule, levant les paumes vers le plafond.

    Alec avait toujours eu tendance à parler le langage des signes. Et sachant que cette manie était accentuée par l'alcool, autant dire qu'il se livrait limite à de petites chorégraphies. D'ailleurs, au cours de la dernière, il manqua de renverser d'un revers la bouteille de Jack. Gauche, il se jeta dessus, les deux mains ceinturant la bouteille. Lorsque la bouteille se stabilisa, un soupir de soulagement le secoua.

    - C'était moins une... Oui, sinon, je disais...
    (un instant) Ouais, bah, on fait ce qu'on peut... Surtout quand on en a les moyens ! dit-il, haussant les sourcils. Rhaa, allez, balance le nom de l'un de tes films... Je suis un grand garçon, ce genre de... choses ne me choque pas. Du tout même, finit-il en un sourire gras

    Espérons qu'elle ne comptait pas sur lui pour jouer les amis effarouchés et bienveillants, ne voulant voir le vice en leurs amis proches. A vrai dire, il en avait rien à foutre. Ça l'amusait profondément de savoir Aldona se faire enfiler sur pellicules. Il saurait lui rappeler. Sans perdre son sourire, il enchaîna, sans transition :

    - Et tu crèches où du coup... ? Et... Attends. Comment t'es arrivée ici toi ? Par le boulot, c'est-à-dire ? On mute les hardeuses maintenant ? Tu sais quoi, débriefe moi en quelques mots - sinon ça va vite me gonfler - ces huit dernières années, hein, tu seras mignonne.

    Prêt à l'écouter déblatérer, il s'accouda au comptoir, tournant le dos au barman, laissant son regard voyager à travers la salle de jeu. Les vieux friqués commençaient à se faire rare, laissant place à de jeunes trentenaires plein aux as, qui de leurs sourires surfaits essuyaient leurs échecs en jouant les indifférents. Pff, bande de cons.
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Aldona Eltsine
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MessageSujet: Re: Chiottes [Alec =)]   Lun 1 Aoû - 15:25

    Étrangement, Aldona vécu comme un soulagement son rire qui aurait pu être vexant. A l'image d'un abcès qu'on crève, l'éclat fut une libération en laissant s'écouler le pus de l'appréhension. Allégée d'une certaine tension, elle ne put s'empêcher de rejoindre son hilarité après qu'il eu laissé échapper un vieux gloussement de pintade. Se marrant comme des baleines - non, effectivement, l'alcool n'aide pas - pendant quelques instants, ils furent interrompus par le geste maladroit de d'Alec. Ca commençait à les frapper sévère quand même, ils devraient se calmer. Quoique cette éventualité ne semblait guère les atteindre. La joie des retrouvailles dirons-nous...

      - Et j’ai quoi à gagner si je te donne un titre ? A part tes moqueries pour les cinq ans à venir ? Donne moi au moins une bonne raison, sinon tu peux toujours crever.

    Son sourire gras était juste à baffer. Un vrai mec... En même temps, on ne pouvait nier que c'en était un. Mais bon, c'était aussi un pote et elle n'avait guère envie qu'il garde en mémoire des images d'elle en plein action. C'est comme la famille, il y a des choses qu'on préfère qu'elle ne voit jamais. Même si elle devinait qu'il s'en remettrait bien, qu'il avait surement vu ou fait pire, il savait être lourd et elle ne connaissait déjà que trop bien ce sourire satisfait, ce regard luisant de connerie pour donner de nouvelles raisons de les subir.
    Sa demande lui tira un soupir. Pas envie de passer trois heures à raconter sa vie. Ca n'en valait pas la peine, pas intéressant. Rien à dire. Mais bon, elle pouvait bien faire l'effort pour lui et tenter d’ébaucher quelques traits de sa vie. Lui piquant la bouteille, elle but une gorgée ou deux avant qu'il ne réagisse, retenant une grimace. Même si ça passait mieux qu'au début, ça restait fort et vaguement dégueulasse. Les yeux fixés sur un point au-dessus de l'épaule de Alec, ne regardant rien tandis qu'elle rassemblait ses souvenirs et les ordonnait pour répondre de façon très calibrée.

      - Les quelques années après ton départ ont ressemblé à celles qui le précédait, à la différence que plus ça va, plus on fait de conneries. Mais j'en suis sortie grâce à un mec, un type cool. C'est par son biais que j'suis entrée dans milieu, qu'il m'a offert une place plus lucrative qu'une vulgaire catin. Aussi par lui que j'ai finalement rejoins les Makarovs. Enfin, tu peux garder cette info pour toi, je n'aime pas le crier sur tous les toits. Mais il a disparu, et je me suis retrouvée livrée à moi-même et aux ordres de ce connard de Vladimir. C’est lui ou une quelconque pseudo lumière de la mafia qui m'a envoyé ici, probablement pour tenter de se faire une part de marché contre les geishas. Prolongement de la lutte contre les bushidos, mais les armes sont différentes.

    Le ton était amer et le regard qu'elle reporta sur lui ne s'adouci qu'après quelques instants à le détailler. Des sentiments contradictoires la submergeait mais la confiance qu'elle lui portait n'avait pas été longue à revenir. Ce qu'elle venait de dire était dangereux et elle pourrait le regretter douloureusement s'il se montrait indélicat. Autant lui préciser d'ailleurs avant qu'il ne fasse une bourde.

      - J'espère que tu n'es pas en lien avec les Makarov, sinon je viens de signer mon arrêt de mort. Garde pour toi mes sentiments à l'égard du chef, il n'aimerait pas. Enfin, laisse tomber ma vie. Vraiment rien d'intéressant tu vois. Et même question, t'as fais quoi de ces dernières années ? Sinon, je crèche au Palace, et toi ? Tu vis avec quelqu'un d'ailleurs ?

    La dernière question venait de l'effleurer ; elle n'avait même pas songer auparavant qu'il puisse être en couple. Un bref coup d'œil la renseigna sur l'absence de d'alliance - au moins, il n'était pas marié, ça lui aurait troué le cul. Elle ne l'imaginait pas vraiment dans une relation stable, voir pas du tout. Mais les gens changent et c'est le genre de question con, mais dont la réponse pouvait être déterminante. Après, qu'il n'aille pas croire qu'elle était intéressée, simple curiosité.
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MessageSujet: Re: Chiottes [Alec =)]   Mar 2 Aoû - 15:54

    Il ne réagit pas vraiment lorsque la bouteille lui fila sous le nez. Seul un malheureux sourcil s'arqua en toute guise de toute protestation. Frappé par l'alcool, et encore en train de cogiter les dernières paroles d'Aldona, il ne la regarda que d'un air absent se descendre la bouteille. Enfin, descendre la bouteille... C'est un bien grand mot. Disons siroter du bout des lèvres, une moue écoeurée déformant ses traits. Alec leva les yeux au ciel : ridicule. Prenant un air faussement raffiné et élégant, il lui répondit, brisant l'articulation du poignet :

    - Rhaa, mais pour qui tu me prends... Jamais je n'ai fait ça, et jamais je n'oserai... J'ai l'esprit bien trop fin pour ce genre de conneries.

    Il lui lança un regard entendu, abandonnant pour le moment l'idée d'avoir un titre de sa filmographie. D'autant plus qu'Aldona embraya rapidement, daignant enfin un peu parler d'elle. Alors comme ça, la demoiselle s'était arrachée au domicile familial quelques temps après son départ, et ce, grâce à l'aide d'un jeune homme. Même si un "qui" lui brûlait les lèvres, mais il se tut, laissant son interlocutricer continuer son histoire. Toutefois elle ne mentionna comment elle arriva dans le domaine pornographique. Certes, ce même type l'y avait conduit en lui offrant une bonne place lui permettant certainement plus de latitude dans ses décisions et ses agissements - lui évitant ainsi d'être contrainte d'ouvrir les jambes après un bref coup de fil lui sommant de ramener son petit cul en lingerie fine. Mais Aldona restait muette sur sa motivation à donner là-dedans. De ce qu'il l'avait connu, elle n'avait jamais parlé de cette éventualité, ou que dans un contexte d'état de conscience relatif. Bref, pourquoi un jour l'idée de vendre son cul lui a traversé l'esprit en tant que possibilité envisageable ?! Il la laissa terminer sur son rôle de pion dans la grande société Makarov. Au cours de ses diverses couvertures, il en avait un peu appris sur la mafia russe, mais il n'avait pas pu s'immisser dans cet univers si particulier : il faisait clairement tâche et sa couverture avait volé en éclat. Même si son teint blafard de bon européen voisin de cette chère et tendre Russie leur avait suffit au début, Alec s'était vite rendu compte que ce n'était que pour l'endormir le temps qu'ils découvrent qui était vraiment ce nabot sorti de nulle part. Une fois repéré comme un infiltré, un aimable russe l'avait sommé - un petit calibre planté entre les omoplates - de se casser vite fait bien fait, de bien fermer sa gueule et de ne pas remettre les pieds dans le coin. Une fois de plus, il avait planté sa mission et avait du s'expliquer avec les fédéraux.
    Lançant un regard vaseux à la demoiselle face à lui, il entreprit de lui répondre, le ton désinvolte :

    - Aw, tu sais, rien de bien exceptionnel... Les deux premières années furent dures, faut l'admettre. Mais une fois immergé dans le milieu, c'est aller de mieux en mieux. A présent, j'ai ma réputation, je vis plutôt bien, au Palace aussi d'ailleurs. Autant dire que tu passes quand tu veux Miss. Que ce soit pour du dentrifice, un shoot ou me demander où est la poste. Bref. Ouais. Mais c'est chaud de se faire une place entre tous ces gros bras installés là depuis limite des générations. Et puis, les deux mafias n'arrangent rien, quoique j'ai pas mal fricoté avec les deux : drogues, armes, infos.

    Attrapant la bouteille, il but une gorgée généreuse. Une vague de chaleur l'envahit, le berçant dans un univers aux contours flous. Le bruit de fond s'estompa, le laissant seul, livré à l'écho des battements ralentis de son coeur. Son regard cessa de voyager un instant, se posant sur la poitrine plus que suggérée d'Aldona qui se soulevait à intervalles réguliers. Il se perdit dans sa gorge, articulant à peine ces derniers mots :

    - Hum, non, pas vraiment... Disons que je ne suis pas fait pour une situation stable, donc disons que je prends ce qui vient, sans me prendre la tête. Donc pas de belle dans mon lit ce soir...

    Cette fois-ci, il n'osa pas le clin d'oeil, détournant même la tête pour poser ses yeux sur la chute de reins d'une charmante personne en courte robe rouge.

    - Et toi, malgré tout ce beau monde qui défile entre tes jambes, y'en a pas un que tu aimes regarder dans les yeux...

    A peine sa cigarette finie, il en attrapa une seconde, mais il ne la porta toutefois pas aux lèvres, demandant d'une voix quelque peu pâteuse :

    - Ca te dérange de faire un saut dehors... Histoire de s'en griller une autre. Enfin, sauf si tu es venue pour... pour le boulot disons...

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Aldona Eltsine
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MessageSujet: Re: Chiottes [Alec =)]   Sam 13 Aoû - 19:33

    Terminant sa cigarette, elle écoutait attentivement les bribes de la vie d'Alec. Au-delà même de ce qu'il disait, elle ressentait une sorte de satisfaction profonde, presque de plaisir à entendre sa voix, à en saisir les nuances, les intonations, le timbre. Un sentiment presque de plénitude que de l'écouter, de se gargariser de ses mots, de toucher par ses sens la présences effectives du jeune homme. Ca courait dans ses veines, ça lui arrachait un sourire, ça illuminait son regard et elle ne pouvait nier une véritable joie de le revoir, de retrouver ses expressions, ses manières, son existences abrupte mais vivante. Elle l'aimait bien ce type, vraiment, et réalisait à quel point son amitié lui avait manqué. Cet être, un peu débile, un peu bourrin, avait quelque chose de profondément attachant et c'était un baume au cœur que de le retrouver.

      - Je n'oublierai pas de venir alors, et n'hésites pas à faire de même. La porte est ouverte en général et si je suis occupée avec quelqu'un, tu repasses plus tard. Et en fait, c'est même pas que tu viens si tu veux, c'est que t'as intérêt à ramener ton cul de temps en temps si tu ne veux pas que je vienne te le botter.

    Ainsi il avait réussi à se trouver une place. Pas mal, vu la ville, ce n'était pas gagné d'avance qu'un non autochtone puisse se tailler sa part. Mais Alec était débrouillard et s'il avait le don de se fourrer dans des situations pas possibles, il avait aussi celui de s'en sortir. Ca lui faisait penser à un truc d'ailleurs...

      - Au fait, par rapport à ton business, si un jour tu as besoin d'une couverture pour les flics, tu fais signe. Je peux toujours te faire passer pour un client si t'as besoin d'un alibi de quelques heures.


    Pas pour autant qu'elle comptait l'entrainer dans ses draps un jour, bien que le regard moisi et insistant qu'Alec posait sur son décollette exprimait clairement son accord. Non seulement ce n'était pas son genre de mec, mais elle ne voulait pas non plus jouer leur amitié pour des histoire de cul. Certes, sa vision du sexe était clairement altérée par son boulot, mais elle tentait de garder des principes ; trop de ses relations avec les mecs étaient d'abord charnelles pour qu'elle veuille le mettre au même niveau. Tant pis pour lui s'il voulait juste se la baiser, elle le considérait plus que ça.

      - M'étonne pas de toi dans le fond, je ne t'imagine pas vraiment t'investir dans une relation. Enfin, préviens moi le jour où ça arrive, je veux rire aussi. Quant à moi, bah, même chose en fait, je suis une inconstante. Et je t'assure que de coucher avec tous les gros pontes d'ici ou se faire enfoncer sur pellicule, ça n'aide pas à se construire une vie de couple. Il y en a bien un ou deux qui me dégoutent moins que les autres, mais rien de concret...


    Sortir ? Hum, ouais, bonne idée. Ecrasant le mégot dans le cendrier, elle lui piqua avec un sourire stupide une de ses clopes par flemme de sortir son propre paquet, promettant de lui rendre la prochaine fois. Elle eu quelques peine à tenir droite après s’être remise sur ses pieds, l’alcool affluant au cerveau et elle dû fermer les yeux avant que son oreille interne ne lui rende l’équilibre. Posant un billet à côté de son verre vide et gardant un appui sur le comptoir, elle tendit une main secourable à Alec, devinant qu’avec un tel gramme d'alcool dans le sang il risquait d'aller lécher le carrelage s'il se redressait trop vite.

      - Le boulot ? A moins que tu ne sois intéressé, je ne crois pas que ça sera ce soir que je ferais des affaires florissantes.


    Quittant le casino d'une démarche vacillante, ils purent enfin apprécier la fraîcheur de l'air extérieur. La coupure était nette avec la pièce enfumée, sans ouverture sur l'extérieur et le bruit incessant des machines à sous. Le parking en revanche était vide, le silence à peine rompu par le ronflement sporadique du moteur d'une voiture de luxe. Ca faisait du bien de sentir la brise, de quitter les relents capiteux de parfums et de transpiration. Allumant sa cigarette et proposant cette fois un briquet à Alec - parce que franchement, les allumettes, ça ne le faisait pas - elle s'éloigna de l'entrée, lui faisant signe de la suivre pour aller s'asseoir sur un vieux banc public à quelques mètres du bâtiment.

      - Je ne sais pas si on restera ici très longtemps ou si on aura plus de cinq minutes avant de se faire emmerder, mais autant se poser un peu avant de voir si on continue la soirée ensemble. Et où.

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Alec Cavendish
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MessageSujet: Re: Chiottes [Alec =)]   Dim 14 Aoû - 15:34

    La cigarette coincée entre les lèvres, il lui rendit son sourire. Pour sûr qu'il se pointerait chez elle sans prévenir. Et on verra pour repasser plus tard si elle est occupée... Disons que s'il peut s'éviter les frais supplémentaires des chaînes pour adultes, pourquoi pas. Lorsqu'elle mentionna le fait de lui botter le cul, il ne put réprimer un petit rire hautement perché, certes volontaire mais ridicule, genre grande folle touchée en plein cœur, feignant la fausse indignation gênée.

    - Oh oui, t'inquiète, je saurai me faire désirer...

    Mais Aldona embraya rapidement, me laissant le temps à Alec de débiter de nouvelles conneries plus basses les une que les autres. Elle lui proposait son aide en le couvrant. Il haussa les épaules, prenant note de l'info. Qui sait, autant la belle russe pourrait se révéler utile en plus. En guise de remerciement, il se fendit d’un doux sourire à peine marqué n'existant que par le plissement de ses yeux. Et les pommettes remontées, il ne s'offrit aucun commentaire quant à la vie sentimentale inexistante d'Aldona. Cela ne le surprit guère en fait. Même si elle partait avec le profil de petite princesse d'un empire russe colossal mariée avant sa conception, à partir du moment où elle avait réussi à échapper aux griffes de papa et maman, il était évident qu'elle allait foutre en l'air leurs beaux principes de mariage en grande robe de mariée, avec envolée de pigeons lors du "Oui" calibré auquel on l'aura lobotomisé. De toute manière, ça n'aurait pas été une vie pour l'Aldona qu'il connaissait. Une flopée de souvenirs lui revint, noyant son esprit dans une nostalgie quelque peu destructrice, lui rappelant à quel point il avait morflé toute sa vie, n'atteignant jamais un semblant d'épanouissement. Certes il avait de bons moments, de très bons même, mais il gardait un éternel goût d'échec. Un goût âcre de souffrance enfouie qui filtre et empoisonne l'essence même de son être. Une éternelle insatisfaction le vouant à la frustration.
    Un énième renvoi acide le sortit de ses pensées. Redressant le regard vers son interlocutrice - dont les dernières phrases lui avaient échappé -, il fut surpris de la voir debout, bien droite sur ses hauts talons. Il se laissa alors aller à un bref reluquage loin d'être licencieux. Il ne la matait pas, murmurant pour lui-même qu'elle était bonne. Au contraire, la caresse de son regard était polie et pudique, ne cherchant pas à voir en elle le trou niché entre ses deux interminables jambes. Comme il regarderait un tableau, il capturait chacun de ses traits, désirant les encrer dans son esprit, gommant peu à peu les contours flous d'une Aldona plus jeune. Remontant le long de ses fines jambes, il se perdit un instant sur ses hanches bien dessinées avant de glisser sur son ventre plat exacerbant une poitrine ferme encadrée par deux épaules droites, offrant à cette silhouette une certaine insolence rebelle. Un caractère volcanique, explosif se pavanant sous les traits d'une audace affichée. Alec embrassa d'un regard bref les lignes fines de sa mâchoire, soulignant des lèvres pulpeuses et fermes. Mais le jeune homme s'attarda sur son regard. Soigneusement maquillé, charbonné pour mûrir ses traits encore enfantins, lui conférant une dureté, une froideur, un mépris qui ajoutaient à sa classe naturelle. Elle était très belle. S'abandonnant un instant à la lueur glaciale vrillant dans ses yeux, Alec lâcha un soupir las. Et lui, qu'était-il devenu ? Une vraie loque, massacrée par la vie, ravagée par ses démons. Un regard dur reflet du mur qu'il dressait et derrière lequel il cachait un tout petit ego en proie aux cauchemars d'une vie.
    Fermant un instant les yeux, il tenta de reprendre contenance. Anesthésié par l'alcool, son esprit commençait à méchamment divaguer, quittant le port d'un monde réel pour s'éloigner au large, attiré par un horizon électrique dont on ne devine la fin. Il était submergé. Nageait en eaux troubles. Perdait pied.
    Ce fut à cet instant qu'une main le sortit du flot de ruminations au cœur du quel il sombrait gentiment. L'attrapant vigoureusement, il sauta de son tabouret. Un courant électrique lui parcourut le dos lorsqu'il se redressa de toute sa relative grandeur. Il évoluait dans un monde chancelant et sourd. Il en avait le mal de mer...

    […]

    Le cul posé sur un banc public, assis à côté d'Aldona, il s'avachit nonchalamment, les jambes écartées, les bras étendus le long du dossier. Bercé par la comptine assourdissante du silence, il essaya de se détendre... Ce qu'il fit trop bien. Un bruit suspect et peu charmant lui échappa. Inutile de commenter l'effet amplificateur d'un banc en bois. Mais il n'entreprit même pas de masquer sa fuite, privilégiant un silence poli. Espérons que la demoiselle mise sur un jeu de l'esprit. Pour peu qu'un clodo bien dégueu traîne dans le coin... La seule chose à craindre était un relent. Quoiqu'à l'odeur ambiante de chien mort et de merdes fraîchement démoulées, il y avait fort à parier que "ça" se mélange et se fonde avec la puanteur environnante. Et puis, ce ne serait qu'une effluve de plus. Hum.
    N'attendant pas après Aldona pour une quelconque réaction, il alluma sa clope avec son briquet, et dans une brève illumination, il cracha son premier filet de fumée dans la tronche de la demoiselle, embrayant de suite après pour éviter à nouveau toute réaction de l'agressée, justifiant en passant le fait qu'il ait soufflé dans sa direction.

    - Bah, tu ne me déranges pas, du tout en fait... Mais je ne veux pas te retenir si tu as mieux à faire disons.

    Inutile de préciser que son regard disait le contraire. Il voulait la garder avec lui, pour lui.

    - Je n'ai rien de précis à faire non plus, donc on peut rester le cul ici jusqu'à ce qu'un exhibi' vienne nous vendre des montres sous son grand manteau... Bien que je doute que cela t'impressionne outre mesure (sourire entendu) Enfin. J'suis content de te revoir, bordel. J'avais rayé la possibilité de te recroiser un jour. Et voilà qu'une envie pressante nous a réuni. C'est trop beau, 'con. Merde quoi. Mais maintenant que t'es là, va falloir récupérer le temps perdu...

    Braquant la tête en arrière, il contempla un instant le ciel, pensif.

    - Dis-moi, pourquoi t'es allée dans le porno... Ce n'est pas comme si je me souvenais t'avoir entendu dire à la maîtresse que tu voulais être pute lorsqu'elle nous demandait ce qu'on voulait devenir plus tard. Donc pourquoi ?

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Aldona Eltsine
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MessageSujet: Re: Chiottes [Alec =)]   Mer 17 Aoû - 22:18

    Il semblait pensif. Pas son genre pourtant. En présence de quelqu'un, il évitait de s'enfoncer dans de sombres ruminations et l'alcool avait plutôt tendance à vider son crâne qu'à le remplir. Mais peut-être à cause de ces retrouvailles plus qu'inattendus, il avait plongé dans les méandres de son cerveau, lui offrant par ses absences quelques magnifiques blancs. Toutefois, loin de lui en tenir rigueur, Aldona se contentait de poser sur lui un regard vaguement attendri qui retrouvait son éclat plus dur lorsque les yeux d'Alec se levaient enfin pour croiser les siens. Inutile qu'il croit qu'elle lui faisait les yeux doux, il ne s'agissait que d'une affection que l'alcool rendait plus visible que ce qu'elle s'autorisait généralement à montrer.

    Etalé sur son banc, le jeune homme laissa cependant échapper un bruit suspect. Doutant de sa provenance, Aldona n'osa rien commenter mais ne put s'empêcher une sorte de rictus amusé. Elle n'eut de toute façon pas le loisir d'approfondir puisqu'il lui cracha généreusement sa fumée au visage, lui brulant les yeux et la faisant tousser âcrement. Secouée par quelques remontées acides que les spasmes avaient provoquées, elle ne put même pas articuler un juron et dû patienter quelques secondes pour que son estomac malmené cesse ses menaces. D'un hochement de tête muet, elle tenta de lui faire comprendre que s'il préférait, elle restait avec lui. Mais un hochement de tête ne permet pas de dire que c'était volontiers et qu'elle espérait cette réponse. C'était peut-être mieux ainsi, déjà qu'elle ne put s'empêcher de rougir à ses quelques mots gentils. Alors pour une fois, elle se jeta sur la question comme sur un échappatoire et répondit franchement.

      - J'en sais rien. C'était pas prévu, c'était pas par goût ou ambition. On m'a donné cette possibilité, je n'en avais pas d'autre, alors je n'ai pas réfléchi et j'ai foncé. C'est pas aussi terrible que ça en a l'air, une fois qu'on arrive à l'assumer. Certes, les journées de tournages sont longues et les clients parfois dégueu mais on finit par l'accepter. Et je ne m'en suis pas trop mal sortie finalement, ça paie bien et j'ai rencontré des gens sympas, mine de rien.


    Comme un enthousiasme forcé. Comme si elle avait passé ces dernières années à se convaincre que le plus vieux métier du monde était aussi le plus beau. Comme une tentative désespérée de se rassurer, de se faire croire qu'on n'est pas que de la chair mais aussi une femme. Pourtant, elle n'avait pas tord, elle ne pouvait nier que ça lui apportait beaucoup autant en argent qu'en expérience de vie, mais la balance était-elle équilibrée ? Impossible de répondre. Surtout qu'elle savait sa carrière éphémère et que lorsque l'âge se verrait sur ses traits et son corps, elle n'aurait plus qu'à se recycler. Et dans quoi ? Elle n'en savait rien. Elle ne voulait pas le savoir, ne voulait pas réfléchir aux nuages qui obscurcissait son avenir. Autant qu'elle profite de sa jeunesse pour user son corps puisqu'elle ne pourrait plus le vendre ensuite. Caissière, ça pourrait être cool aussi, non ?
    Elle s'était interrogée sur les yeux pensifs d’Alec et voilà qu'elle faisait de même. Alcool et retrouvailles ne semblaient pas faire bon ménage, ça renvoyait à la tronche aussi bien les années passées que celles à venir et ça obligeait à se pencher sur soi-même pour pouvoir expliquer à l'autre ce qu'on devenait. En fait, le silence semblait la meilleure attitude à suivre et Aldona, fidèle à elle-même, se laissa aller dans sa carapace rassurante. De nouveau muette, elle se contentait de fumer d'un geste machinal, appréciant la présence d'Alec tout en s'effrayant de tout ce qu'elle pourrait réveiller.

    Elle fut interrompu par des éclats de voix encore lointains mais qui semblaient se rapprocher. Probablement un groupe encore plus torché qu'eux qui zonait dans le coin. Si dans une ville normale, personne ne se serait inquiété, Aldona ne put réprimer une frisson glacé lui descendre doucement le long de la colonne vertébrale. A Sins City, ceux qui rodent la nuit ne le font pas sans raison et ne sont jamais vulnérables. S'ils sont dehors, c'est qu'ils ne craignent pas la ville et qu'ils sont là pour la défier, elle, ou ceux qui sont sur leur chemin. Nerveuse, elle se rapprocha d'Alec d'un mouvement inconscient, tendant la tête vers l'origine des cris qui s'amplifiaient. Plus d'une voix se détachaient et aucune n'était féminine. Juste des intonations graves et agressives dont les mots n'étaient pas assez articulés pour être compris d'où ils étaient.

      - Et merde...

    Ca voulait dire qu'ils avaient des ennuis. Et pas des moindres puisqu'ils étaient deux, passablement éméchés et dépourvus d'armes. D'un geste instinctif, elle lui saisit la main, cherchant dans le contact une présence rassurante. Non pas qu'elle plaçait en lui un quelconque espoir de défense, mais au moins, elle ne se sentait pas seule. Et soudain, déchirant l'atmosphère et brisant leurs derniers espoirs de tranquillité, une voix hurla qu'il y avait deux personnes sur un banc. Le doute n'était plus permis, on se dirigeait vers eux...
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Alec Cavendish
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MessageSujet: Re: Chiottes [Alec =)]   Dim 21 Aoû - 18:55

    Bercé par la comptine sourde d'un silence artificiel, Alec ferma un instant les yeux, plongeant, complètement aveugle, dans les méandres de son esprit. Mais il fut surpris par un flot de pensées qui le submergèrent. Trop nombreuses pour être dénombrées et réellement appréciées, il était balloté entre des souvenirs fugaces et flous d'une vie décousue. En proie aux réminiscences, le jeune homme sortit brutalement de sa torpeur. Non, il ne voulait pas faire une rétrospective. Inutile de jeter un coup d’œil en arrière, il entendait déjà suffisamment l'écho de ses souvenirs. Un écho qui raisonnait un peu comme celui de casseroles que l'on se traîne au cul... Un soupir irrité secoua sa faible carcasse. Jamais il ne se déferait de ses démons. Jamais.

    Il se concentra alors sur la voix posée et assurée d'Aldona, se raccrochant à elle. L'écoutant religieusement, il ne se permit aucun commentaire, hochant mollement la tête. Il ne comprenait pas. Peut-être parce que c'était un mec. Peut-être parce que cela le dépassait tout simplement. Jamais il n'avait songé à comment la blondasse au généreux 95D menait sa vie en dehors des tournages et des sessions de photographie. Pour lui, elle n'était qu'un objet que l'on remettait au placard après chaque utilisation, suffisamment souvent pour ne pas qu'elle prenne la poussière. Et puis, le jour où elle est trop usée, cassée ou obsolète, on la jetait telle une ordure dans les déchets d'une ville qui s'occupera de la ronger, jusqu'à la faire disparaître. Un frisson inquiet tendit les traits d'Alec qui porta alors un regard anxieux à la demoiselle à ses côtés. Cette dernière s'était légèrement rapprochée. Même si elle essayait de positiver sur sa situation, Alec nota le sourire forcé dont elle se fendit. C'était triste.
    En un geste qui se voulait rassurant et vaguement protecteur, il referma sa paume sur l'épaule de la jeune femme, le bras tendu dans son dos. Et en guise de réponse, il laissa échapper un long filet de fumée qui s'évanouit dans l'air pourri de la ville.
    Seven Sins City. Cette ville transpirait, suait, suintait. Tel un poumon, elle battait au rythme des flots de sang qui l'alimentait. Chaque jour avait son crime, aussi sordide soit-il. Une vendetta qui s'est réglée dans l'écho sourd d'une détonation. Un meurtre irraisonné conduit par l'envie. L'achèvement d'une vie insouciante sous les coups de reins d'un esprit aviné. Avarice, luxure, paresse, envie, gourmandise, orgueil et colère. Tels étaient les sept péchés capitaux, maxime de cette ville. Qu'était-il lui dans tout cela ? A quel nom répondait-il ? Matérialiste, il ne faisait pas la charité, sauf pour fondre dans l'entre-jambe d'une charmante créature. Anesthésié par les drogues, il laissait ses envies le conduire, ignorant leurs ampleurs, s'adonnant à l'excès. Sous les traits du mépris, il tentait de masquer ceux de la violence aveugle. Oui, il était tout aussi pourri que cette ville. Un déchet parmi les autres.
    Un sourire triste fit trembler ses lèvres.

    Ressasser le passé ne le mènerait à rien. Alec posa son regard sur Aldona, tentant d'annihiler ce reflux de ruminations. Plongée dans un silence posé, la belle portait avec élégance la cigarette à ses lèvres, inspirant une brève bouffée de fumée avant de la recracher sous la forme d'un long filet éphémère. Et elle recommençait. Inlassablement. Jusqu'à ce qu'un pauvre mégot finisse de se consumer entre ses longs doigts.
    Le calme les entourait. Seuls quelques éclats de voix mondains venaient briser le silence ambiant. De jeunes femmes qui partaient d'un rire sincèrement faux aux bras d'un vieil homme dégarni hélant le chauffeur de leur allemande. Une bande de types, fringués pour l'occasion, dont le plus éméché se ventait d'avoir baisé l'une des croupières dans les toilettes du personnel. Une diva de cinquante ans qui faisait du charme au voiturier, et qui - cougard jusqu'au bout des ongles - tentait de l'amadouer en lui mettant sous le nez un décolté garni du pourboire de l'employé. Jetant un coup d’œil indifférent aux diverses scènes, il finit par se permettre un sourire amusé en reconnaissant la diva : Shirley. Cette dernière partit d'un rire sonore, amusée par le malaise du voiturier qui finalement refusait son pourboire. La cinquantenaire lança un dernier regard touché au jeune homme avant de monter dans son américaine et de démarrer en trombe.
    Seul le ronronnement du moteur se faisait encore entendre lorsqu'Alec se décida à briser le silence qui s'était installé entre eux. Certes, il était détendu et entendu, mais cela le gênait tout de même un peu. Il venait juste de retrouver une très chère amie qu'il n'avait pas vu depuis huit ans, et la seule chose qu'il réussissait à lui offrir était un mutisme poli. Beaucoup de pensées se bousculaient dans son esprit, sans qu'aucune n'arrive à primer sur une autre, l'obligeant à se terrer dans ce foutu silence. Inspirant bruyamment, il tourna la tête vers la belle et commença à articuler une connerie d'une banalité affligeante, genre "C'est une belle soirée qu'on a là..." ; mais Aldona le coupa net dans son élan, jurant. Le jeune homme, surpris, se recula légèrement, se sentant accusé par cette interjection, comme s'il était coupable de quelque chose. Mais le regard de la belle ne l'incriminait aucunement. Le cou tendu, elle fixait avec appréhension un horizon désert. Arquant un sourcil, Alec suivit son regard, cherchant à voir ce qu'elle seule avait vu.
    Soudain, de nouveaux éclats de voix firent sursauter Aldona qui attrapa violemment sa main. Tendant l'oreille, Alec ne discerna que des voix masculines abruties par l'alcool ou un quelconque dépresseur. Le ton était mou, pâteux. Mais une énième voix écrasa les autres. Un peu plus perchée, elle vociférait des injures contre le monde entier à coup de "Putain, merde... C'sont des enculés... Péter la gueule... Bonnasse...". Au fur et à mesure du flot de paroles, Alec se sentit de plus en plus visé. En un réflexe, il se redressa sur ses deux jambes. Chancelant un instant, il se retrouva vite l'équilibre, l'adrénaline irriguant son esprit et ses jambes.
    Avançant d'un pas décidé, la bande de jeunes mecs semblait les avoir dans leur viseur, et se dirigeait dangereusement vers eux. Alec s'attendait à un ramassis de petites racailles en pantalon trop large, et casquettes à l'envers ; mais il découvrit cinq types vêtus de pantalons plutôt serrés et troués, chaussés de rangers, le crâne rasé.

    - Putain, merde... des Skinhead... siffla Alec, assailli par une soudaine peur. Espérons que ce soit des Redskins, hein, tu leur diras des conneries en russe...

    Un rire nerveux secoua Alec qui, tenant Aldona d'une main, la força à se redresser. Il fallait être prêt à courir.
    Arrivant à leur hauteur, la voix nasillarde les jugea, l’œil mauvais, avant de partir d'un rire tout juste possédé. La bande suivit en un gloussement gras. Alec tenta de rester le plus stoïque possible, portant discrètement sa main à sa ceinture.

    - Jolie soirée pour des tourtereaux... lança le Skinhead qui semblait occupé la place de leader.

    Ce dernier posa son regard sur Aldona. Un regard qui la déshabillait du regard. Qui la violait. Pris d'une soudaine impulsion - à la con -, Alec s'avança légèrement, masquant en partie Aldona.

    - Qu'est-c' que t'as du con ?

    Le ton implacable, Alec gonfla - inconsciemment - le torse.

    - Ecoute l'nabot... Je pense qu'on va pouvoir s'trouver un arrangement... embraya le Skinhead. Tout le monde y gagnera... Tu verras, finit-il de dire en se léchant les lèvres, les yeux rivés sur la jeune russe.

    Spoiler:
     
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Aldona Eltsine
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MessageSujet: Re: Chiottes [Alec =)]   Ven 2 Sep - 13:18

    L'œil inquiet, elle focalisait son attention sur les silhouettes qui se précisaient, devinant avec la même appréhension qu'Alec qu'ils allaient avoir de sérieux problèmes. Les gars n'avaient pas l'air commodes et tout en eux, à travers leur apparence comme leur attitude; incitait à la méfiance. Ce n'était pas des bouseux qui trainaient, juste des mecs qui voulaient se divertir. Et le divertissement dans cette ville prenait souvent des proportions sanglantes ; on ne s'amusait qu'aux dépends d'autrui. Sauf qu'Aldona n'avait aucune envie de souffrir du blase de ces types et de servir de victime à quelques jeux malsains.
    Elle n'omit aucune résistance à Alec et se redressa rapidement, se servant brièvement de son épaule pour maintenir sa stabilité. Ce n'était vraiment pas le moment. On sous-estimait la difficulté à se tenir droit lorsque l'alcool menaçait l'équilibre déjà relatif des talons aiguilles. Mais la situation exigeait qu'elle se reprenne et face à la menace des cinq skins, le cerveau semblait soudainement retrouver une part de sa lucidité. Comme si la situation d'urgence ne l'autorisait plus à divaguer stérilement et que l'instinct de survie lui rendait ses capacités d'analyse et de réaction. Enfin, presque... Elle ne pouvait s'empêcher de rester immobile, à dévisager avec peut-être un peu trop d'insistance la bande de loubards qui leur faisait face, s'attardant sur leur regard luisant d'alcool et de connerie, leur putain de sourire mauvais. Les skins avaient la solide réputation de ne pas être des tendres, et la multitude de cicatrices qu'ils arboraient corroborait les rumeurs. La peau nue de leur crâne était plus efficace qu'une signalisation lumineuse pour annoncer les emmerdes. Jamais l'air con n'avait été aussi inquiétant, et jamais Aldona n'avait eu aussi peu envie de rejoindre l'hilarité grasse d'une bande de mec.
    Mal à l'aise, elle ne releva même pas le "tourtereaux" qui l'aurait fait bondir en tant normal. Mais elle avait plus de difficulté à ignorer le regard libidineux du leader. Il ne tentait même pas d'être discret, il la reluquait avec une indécence qui la rabaissait au rang d'un misérable quartier de viande. La sensation était plus que désagréable et si les impulsions absurdes que l'alcool suggérait à son cerveau pouvaient se réaliser, elle lui crèverait les yeux. Juste pour ne plus être confronté à cette lubricité écœurante. Et comme pour répondre à son désir inexprimé, Alec se décala, mettant les mots sur ce qui lui brulait les lèvres et qu'elle n'osait prononcer. Son intervention, quoique stupide et ridicule fut une sorte d'impulsion pour Aldona qui sortit de son inertie mentale. Lui adressant silencieusement un remerciement chaleureux, elle s'avança d'un pas, le regard dur, affichant une assurance que la situation n'aurait pas du lui autoriser.

    Il y avait quelque chose de ridicule dans sa réaction, quelque chose de si absurde, de si dérisoire que ça en devenait risible. Elle n'était qu'une pauvre fille, frêle et vulnérable. Elle ne pouvait avoir aucune crédibilité dans une attitude autre que la fuite. Et pourtant, il y avait quelque chose qui bouillait en elle, un énervement stupide qu'elle ne pouvait retenir. En temps normal, elle se serait écrasée ou aurait trouvé un moyen de prendre la fuite, comme toute personne saine d'esprit serait supposée agir dans cette situation. Mais l'alcool heurtait les reflexes séculaires de survie, comme une petite voix l'incitant à la connerie. Sa notion du danger devait bien être altérée pour que le menton haut et le ton plein d'assurance, elle crache quelques mots à la gueule du skinhead comme si dans l'histoire, c'était plutôt lui la sous merde.

      - Va te faire foutre, connard. T'as aucun droit sur moi alors passe ton chemin et fais pas chier.

    La vulgarité était en total désaccord avec son personnage, les insultes tellement improbables qu’elles laissèrent le skinhead interdit quelques secondes. Quelques longues secondes à son esprit aviné pour intégrer le fait qu'il venait de se faire insulter par une donzelle d'une tête de moins que lui et qu'en fait, c'était particulièrement humiliant. Quelques longues secondes pendant lesquelles Aldona pu revenir sur ce qu'elle avait prononcé et se dire très lucidement que c'était probablement la pire connerie à faire et que tout aurait mieux valu que de défier ceux qui leur faisaient face. Ce n'est pas comme s'ils étaient de taille, comme s'ils avaient la moindre chance de s’en sortir en cas de confrontation frontale. Aucun d'entre eux n'avaient de ceinture noire en un quelconque art martial, aucun ne cachait une kalachnikov sous sa veste, aucun n'avait reçu une médaille de sprint bourré. En clair, à cause d'un coup de sang et d’un manque caractérisé de réflexion, elle venait de les enfoncer un peu plus dans la merde. Ca lui rappelait leur jeunesse où ils faisaient preuve de la même capacité à avoir des ennuis, mais ça n'empêchait pas Aldona de ressentir une vague culpabilité d'avoir parlé trop vite.
    Toutefois elle n'eut guère plus de loisir à s'épancher en réflexions vaseuses car le skinhead vexé sembla se réveiller. Alors que ses potes étaient restés silencieux et s'étaient abstenus de la moindre remarque, se contentant d'un regard noir, ils s'agitèrent également en haussant la voix avec hostilité. Si c'était Alec qui avait parlé, ils n'auraient pas hésité à le tabasser, mais le fait que ce soit la fille les déstabilisait suffisamment pour qu'ils attendent une réaction de leur chef. Chef qui, partagé entre la colère et l'amusement, un sourire sadique et un ton agressif, se permit de déclencher les hostilités...

      - Je vais me la faire, c'tte pute !

    Ou comment perdre son assurance et sentir physiquement son visage se décomposer. Qu'il parle au sens sexuel, baston, ou les deux en même temps, le résultat était le même. Blême, elle se rapprocha d'Alec, cherchant non pas une issue mais une présence. Certes, elle ne comptait pas sur lui pour la défendre, mais le savoir proche l'empêchait de céder à la panique. Seule, ça aurait été une autre histoire et sa peur était combattue par la reconnaissance. Sauf que c'était bien beau tout ça, mais ça ne leur disait pas comment ils allaient s'en sortir.
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Alec Cavendish
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MessageSujet: Re: Chiottes [Alec =)]   Mar 6 Sep - 16:10

    L'un des Skinhead tiqua, brisant en un fracas bref et sourd la bouteille de vodka qui lui pendait au bout du bras tout en enserrant le goulot fermement. Un vacillement imperceptible secoua Alec, vrilla un instant son esprit. Ils étaient dans la merde. Jusqu'au cou.
    La voix assurée d'Aldona claqua. Envoyant gentiment le Skinhead chier. Absolument pas crédible. Mais touchant. Un sourire fendit la gueule du jeune homme. Il la revoyait, complètement effrontée, la clope au bec, sommant bourrin et bourré d'aller voir sur le trottoir si elle y tapinait. Une violente assurance. Une insouciance désinvolte. Et elle clôturait son discours en jetant son mégot à la gueule de celui qui lui revenait le moins. Ca ne se finissait pas toujours dans la joie et la bonne humeur. Côtes cassées et fiertés brisées. N'empêche que cette fille avait des couilles. Et la capacité de réflexion d'un mec.

    - Je vais me la faire, c'tte pute !


    Le ton était donné.
    Tandis qu'il referma sa main sur le poignet de la belle, il porta son autre main à sa ceinture. Rien. Merde. Alec trouva quelques cartouches au fond de sa poche, mais sans le canon, elles n'étaient d'aucune utilité. Merde. Inspirant bruyamment, Alec posa un regard lourd dans celui d'Aldona, lui intimant qu'ils étaient dans une sacrée merde et qu'ils allaient devoir régler ça de manière très digne : la fuite. En fond, le Skinhead à la voix nasillarde s'excita, gueulant, jurant à tout va, galvanisant ses troupes. Il voulait leur faire la peau. Alec referma son emprise sur le poignet d'Aldona, les phalanges blanchies.

    - Cours chérie... Cours... souffla t-il, le regard étrangement chaud. En souvenir du bon vieux temps, conclut-il en un sourire enflammé.

    Alors que le Skinhead s'insurgeait de voir les deux abrutis, qu'ils voulaient tabasser, faire des messes basses, Alec partit en courant, arrachant en passant le bras de la jeune russe. Les talons d'Aldona claquaient sèchement sur le revêtement, ponctuant chacune de ses foulées. Mais rapidement, le son étouffé des grosses semelles suivirent, scandé par le tintintement de leurs chaînes. Alec accéléra. Peu à peu, sa main glissa du poignet de la belle, finissant par l'abandonner. Oui, abandonner, c'était le mot. Il n'y a que le Ken des films, étriqué par ses sens moraux, pour ralentir la cadence et sauver la demoiselle en détresse qui peine à courir derrière lui. Ce ne sont que des conneries. De parfaites conneries. Quand l'instinct te tient par les couilles, et qu'il t'intime de détaler, tu t'y appliques. Tu ne cherches pas midi à quatorze heures. Tu fonces. Donc oui, Alec abandonna Aldona à l'écho sec de ses talons. L'esprit complètement annihilé, il ne sentait plus ses jambes.
    Il ne se sentait plus.

    Soudain, quelque chose de lourd le frappa à l'arrière du crâne. Vrillant un instant l'oreille interne, Alec perdit l'équilibre, partant en crabe sur le côté. Une vieille poubelle, dégueulante, l'accueillit. Le jeune homme s'écrasa complètement le flanc contre la paroi métallique. Mais encore transporté par l'élan, il ne finit sa course qu'en butant contre la seconde poubelle qui s'était renversée. Alec, dans un dernier réflexe de survie, tomba à quatre pattes, s'évitant la tronche la première dans ce qui ressemblait vaguement à une couche de bébé ayant eu une brave coulante. Une bouteille de vodka brisée roula jusqu'à lui, s'arrêtant contre son genoux. Putain, cet enfoiré de Skinhead savait viser. D'ailleurs, leurs voix empâtées s'élevèrent tout près. Alec lança un regard derrière son épaule : ils approchaient rapidement, trop rapidement. Le jeune homme se releva, chancelant, et tenta de remettre la machine en branle. Mais tout son corps protesta et se refusa à lui obéir. Un "Putain" glissa entre ses mâchoires serrées. Il devait repartir. Il le fallait. C'était une question de vie ou de mort. Jamais cette expression n'avait été plus appropriée.
    Tandis qu'il réussit à s'ériger sur ses deux jambes, une silhouette élancée traça sur sa gauche. Aldona. Un sourire fendit les lèvres du jeune homme qui passa la seconde.

    Le cœur au bout des lèvres, Alec sentait lentement mais sûrement son estomac remonter. Le sang affluait dans ses tempes, brouillant sa vision. Tout n'était plus qu'une succession de tâches. Un bourdonnement sourd frappait ses tympans, trouvant en son cerveau un écho idéal. Il ne courrait plus droit. Et sourd à tout ce qui l'entourait, il ne se sentit comme jamais tel un lapin détalant entre les détonations des coups de fusil et les battements emballés de son cœur.
    Une pseudo ruelle. Vas-y mec, c'est le moment. Alec se jeta dans le couloir qui séparait les deux immeubles. Il ne devait pas faire plus d'un mètre, jonché d'énormes bennes à ordures. Alec s'accula contre le mur, tentant de se fondre avec les briques. Deux ou trois silhouettes - ... peut-être plus... peut-être moins... - filèrent tout droit, ignorant le couloir qui ne pouvait prétendre à être une ruelle... La tête braquée en arrière, Alec ferma les yeux, déglutissant difficilement, renvoyant une remontée acide au fond de son estomac retourné. Sa cage thoracique se soulevait rapidement, secouant sa maigre carcasse.
    Et puis, le spasme. Radical. Dévastateur. Implacable. Tombant à genoux, Alec s'arracha les doigts sur la benne, claquant une ou deux phalanges. La tête lourde, son esprit bouillonnait. Tremblant, un énième spasme entrouvrit ses lèvres, laissant couler une long filet chaud. Tel un violent coup de pied balancé dans l'estomac, Alec se tordit, se plia à deux, dégueulant ses tripes. Classe.
    Non, ne pas céder à la facilité d'une douce léthargie. Mais inutile de nier, son esprit lui filait entre les doigts, se mourant dans le néant. Putain, non. Non.

    Encore secoué de spasmes, Alec réussit à se redresser légèrement à l'aide de la benne à sa droite. Il mit suffisamment de force pour pouvoir se jeter en arrière et s'asseoir. Se frappant l'arrière du crâne brutalement, le goût du sang lui envahit la gorge. Et alors qu'il allait pour cracher, ses yeux se posèrent sur deux pieds ancrés à tout juste deux mètres de lui.
    Et merde...

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