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Dealer


Messages: 1168 Date d'inscription: 08/07/2011 Age: 19
 | Sujet: Re: Chiottes [Alec =)] Dim 14 Aoû - 13:34 | |
| La cigarette coincée entre les lèvres, il lui rendit son sourire. Pour sûr qu'il se pointerait chez elle sans prévenir. Et on verra pour repasser plus tard si elle est occupée... Disons que s'il peut s'éviter les frais supplémentaires des chaînes pour adultes, pourquoi pas. Lorsqu'elle mentionna le fait de lui botter le cul, il ne put réprimer un petit rire hautement perché, certes volontaire mais ridicule, genre grande folle touchée en plein cœur, feignant la fausse indignation gênée.
- Oh oui, t'inquiète, je saurai me faire désirer...
Mais Aldona embraya rapidement, me laissant le temps à Alec de débiter de nouvelles conneries plus basses les une que les autres. Elle lui proposait son aide en le couvrant. Il haussa les épaules, prenant note de l'info. Qui sait, autant la belle russe pourrait se révéler utile en plus. En guise de remerciement, il se fendit d’un doux sourire à peine marqué n'existant que par le plissement de ses yeux. Et les pommettes remontées, il ne s'offrit aucun commentaire quant à la vie sentimentale inexistante d'Aldona. Cela ne le surprit guère en fait. Même si elle partait avec le profil de petite princesse d'un empire russe colossal mariée avant sa conception, à partir du moment où elle avait réussi à échapper aux griffes de papa et maman, il était évident qu'elle allait foutre en l'air leurs beaux principes de mariage en grande robe de mariée, avec envolée de pigeons lors du "Oui" calibré auquel on l'aura lobotomisé. De toute manière, ça n'aurait pas été une vie pour l'Aldona qu'il connaissait. Une flopée de souvenirs lui revint, noyant son esprit dans une nostalgie quelque peu destructrice, lui rappelant à quel point il avait morflé toute sa vie, n'atteignant jamais un semblant d'épanouissement. Certes il avait de bons moments, de très bons même, mais il gardait un éternel goût d'échec. Un goût âcre de souffrance enfouie qui filtre et empoisonne l'essence même de son être. Une éternelle insatisfaction le vouant à la frustration. Un énième renvoi acide le sortit de ses pensées. Redressant le regard vers son interlocutrice - dont les dernières phrases lui avaient échappé -, il fut surpris de la voir debout, bien droite sur ses hauts talons. Il se laissa alors aller à un bref reluquage loin d'être licencieux. Il ne la matait pas, murmurant pour lui-même qu'elle était bonne. Au contraire, la caresse de son regard était polie et pudique, ne cherchant pas à voir en elle le trou niché entre ses deux interminables jambes. Comme il regarderait un tableau, il capturait chacun de ses traits, désirant les encrer dans son esprit, gommant peu à peu les contours flous d'une Aldona plus jeune. Remontant le long de ses fines jambes, il se perdit un instant sur ses hanches bien dessinées avant de glisser sur son ventre plat exacerbant une poitrine ferme encadrée par deux épaules droites, offrant à cette silhouette une certaine insolence rebelle. Un caractère volcanique, explosif se pavanant sous les traits d'une audace affichée. Alec embrassa d'un regard bref les lignes fines de sa mâchoire, soulignant des lèvres pulpeuses et fermes. Mais le jeune homme s'attarda sur son regard. Soigneusement maquillé, charbonné pour mûrir ses traits encore enfantins, lui conférant une dureté, une froideur, un mépris qui ajoutaient à sa classe naturelle. Elle était très belle. S'abandonnant un instant à la lueur glaciale vrillant dans ses yeux, Alec lâcha un soupir las. Et lui, qu'était-il devenu ? Une vraie loque, massacrée par la vie, ravagée par ses démons. Un regard dur reflet du mur qu'il dressait et derrière lequel il cachait un tout petit ego en proie aux cauchemars d'une vie. Fermant un instant les yeux, il tenta de reprendre contenance. Anesthésié par l'alcool, son esprit commençait à méchamment divaguer, quittant le port d'un monde réel pour s'éloigner au large, attiré par un horizon électrique dont on ne devine la fin. Il était submergé. Nageait en eaux troubles. Perdait pied. Ce fut à cet instant qu'une main le sortit du flot de ruminations au cœur du quel il sombrait gentiment. L'attrapant vigoureusement, il sauta de son tabouret. Un courant électrique lui parcourut le dos lorsqu'il se redressa de toute sa relative grandeur. Il évoluait dans un monde chancelant et sourd. Il en avait le mal de mer...
[…]
Le cul posé sur un banc public, assis à côté d'Aldona, il s'avachit nonchalamment, les jambes écartées, les bras étendus le long du dossier. Bercé par la comptine assourdissante du silence, il essaya de se détendre... Ce qu'il fit trop bien. Un bruit suspect et peu charmant lui échappa. Inutile de commenter l'effet amplificateur d'un banc en bois. Mais il n'entreprit même pas de masquer sa fuite, privilégiant un silence poli. Espérons que la demoiselle mise sur un jeu de l'esprit. Pour peu qu'un clodo bien dégueu traîne dans le coin... La seule chose à craindre était un relent. Quoiqu'à l'odeur ambiante de chien mort et de merdes fraîchement démoulées, il y avait fort à parier que "ça" se mélange et se fonde avec la puanteur environnante. Et puis, ce ne serait qu'une effluve de plus. Hum. N'attendant pas après Aldona pour une quelconque réaction, il alluma sa clope avec son briquet, et dans une brève illumination, il cracha son premier filet de fumée dans la tronche de la demoiselle, embrayant de suite après pour éviter à nouveau toute réaction de l'agressée, justifiant en passant le fait qu'il ait soufflé dans sa direction.
- Bah, tu ne me déranges pas, du tout en fait... Mais je ne veux pas te retenir si tu as mieux à faire disons.
Inutile de préciser que son regard disait le contraire. Il voulait la garder avec lui, pour lui.
- Je n'ai rien de précis à faire non plus, donc on peut rester le cul ici jusqu'à ce qu'un exhibi' vienne nous vendre des montres sous son grand manteau... Bien que je doute que cela t'impressionne outre mesure (sourire entendu) Enfin. J'suis content de te revoir, bordel. J'avais rayé la possibilité de te recroiser un jour. Et voilà qu'une envie pressante nous a réuni. C'est trop beau, 'con. Merde quoi. Mais maintenant que t'es là, va falloir récupérer le temps perdu...
Braquant la tête en arrière, il contempla un instant le ciel, pensif.
- Dis-moi, pourquoi t'es allée dans le porno... Ce n'est pas comme si je me souvenais t'avoir entendu dire à la maîtresse que tu voulais être pute lorsqu'elle nous demandait ce qu'on voulait devenir plus tard. Donc pourquoi ? |
|  | | Egérie érotique


Messages: 73 Date d'inscription: 14/07/2011
 | Sujet: Re: Chiottes [Alec =)] Mer 17 Aoû - 20:18 | |
| Il semblait pensif. Pas son genre pourtant. En présence de quelqu'un, il évitait de s'enfoncer dans de sombres ruminations et l'alcool avait plutôt tendance à vider son crâne qu'à le remplir. Mais peut-être à cause de ces retrouvailles plus qu'inattendus, il avait plongé dans les méandres de son cerveau, lui offrant par ses absences quelques magnifiques blancs. Toutefois, loin de lui en tenir rigueur, Aldona se contentait de poser sur lui un regard vaguement attendri qui retrouvait son éclat plus dur lorsque les yeux d'Alec se levaient enfin pour croiser les siens. Inutile qu'il croit qu'elle lui faisait les yeux doux, il ne s'agissait que d'une affection que l'alcool rendait plus visible que ce qu'elle s'autorisait généralement à montrer.
Etalé sur son banc, le jeune homme laissa cependant échapper un bruit suspect. Doutant de sa provenance, Aldona n'osa rien commenter mais ne put s'empêcher une sorte de rictus amusé. Elle n'eut de toute façon pas le loisir d'approfondir puisqu'il lui cracha généreusement sa fumée au visage, lui brulant les yeux et la faisant tousser âcrement. Secouée par quelques remontées acides que les spasmes avaient provoquées, elle ne put même pas articuler un juron et dû patienter quelques secondes pour que son estomac malmené cesse ses menaces. D'un hochement de tête muet, elle tenta de lui faire comprendre que s'il préférait, elle restait avec lui. Mais un hochement de tête ne permet pas de dire que c'était volontiers et qu'elle espérait cette réponse. C'était peut-être mieux ainsi, déjà qu'elle ne put s'empêcher de rougir à ses quelques mots gentils. Alors pour une fois, elle se jeta sur la question comme sur un échappatoire et répondit franchement.
- J'en sais rien. C'était pas prévu, c'était pas par goût ou ambition. On m'a donné cette possibilité, je n'en avais pas d'autre, alors je n'ai pas réfléchi et j'ai foncé. C'est pas aussi terrible que ça en a l'air, une fois qu'on arrive à l'assumer. Certes, les journées de tournages sont longues et les clients parfois dégueu mais on finit par l'accepter. Et je ne m'en suis pas trop mal sortie finalement, ça paie bien et j'ai rencontré des gens sympas, mine de rien. Comme un enthousiasme forcé. Comme si elle avait passé ces dernières années à se convaincre que le plus vieux métier du monde était aussi le plus beau. Comme une tentative désespérée de se rassurer, de se faire croire qu'on n'est pas que de la chair mais aussi une femme. Pourtant, elle n'avait pas tord, elle ne pouvait nier que ça lui apportait beaucoup autant en argent qu'en expérience de vie, mais la balance était-elle équilibrée ? Impossible de répondre. Surtout qu'elle savait sa carrière éphémère et que lorsque l'âge se verrait sur ses traits et son corps, elle n'aurait plus qu'à se recycler. Et dans quoi ? Elle n'en savait rien. Elle ne voulait pas le savoir, ne voulait pas réfléchir aux nuages qui obscurcissait son avenir. Autant qu'elle profite de sa jeunesse pour user son corps puisqu'elle ne pourrait plus le vendre ensuite. Caissière, ça pourrait être cool aussi, non ? Elle s'était interrogée sur les yeux pensifs d’Alec et voilà qu'elle faisait de même. Alcool et retrouvailles ne semblaient pas faire bon ménage, ça renvoyait à la tronche aussi bien les années passées que celles à venir et ça obligeait à se pencher sur soi-même pour pouvoir expliquer à l'autre ce qu'on devenait. En fait, le silence semblait la meilleure attitude à suivre et Aldona, fidèle à elle-même, se laissa aller dans sa carapace rassurante. De nouveau muette, elle se contentait de fumer d'un geste machinal, appréciant la présence d'Alec tout en s'effrayant de tout ce qu'elle pourrait réveiller. Elle fut interrompu par des éclats de voix encore lointains mais qui semblaient se rapprocher. Probablement un groupe encore plus torché qu'eux qui zonait dans le coin. Si dans une ville normale, personne ne se serait inquiété, Aldona ne put réprimer une frisson glacé lui descendre doucement le long de la colonne vertébrale. A Sins City, ceux qui rodent la nuit ne le font pas sans raison et ne sont jamais vulnérables. S'ils sont dehors, c'est qu'ils ne craignent pas la ville et qu'ils sont là pour la défier, elle, ou ceux qui sont sur leur chemin. Nerveuse, elle se rapprocha d'Alec d'un mouvement inconscient, tendant la tête vers l'origine des cris qui s'amplifiaient. Plus d'une voix se détachaient et aucune n'était féminine. Juste des intonations graves et agressives dont les mots n'étaient pas assez articulés pour être compris d'où ils étaient. Ca voulait dire qu'ils avaient des ennuis. Et pas des moindres puisqu'ils étaient deux, passablement éméchés et dépourvus d'armes. D'un geste instinctif, elle lui saisit la main, cherchant dans le contact une présence rassurante. Non pas qu'elle plaçait en lui un quelconque espoir de défense, mais au moins, elle ne se sentait pas seule. Et soudain, déchirant l'atmosphère et brisant leurs derniers espoirs de tranquillité, une voix hurla qu'il y avait deux personnes sur un banc. Le doute n'était plus permis, on se dirigeait vers eux... |
|  | | Dealer


Messages: 1168 Date d'inscription: 08/07/2011 Age: 19
 | Sujet: Re: Chiottes [Alec =)] Dim 21 Aoû - 16:55 | |
| Bercé par la comptine sourde d'un silence artificiel, Alec ferma un instant les yeux, plongeant, complètement aveugle, dans les méandres de son esprit. Mais il fut surpris par un flot de pensées qui le submergèrent. Trop nombreuses pour être dénombrées et réellement appréciées, il était balloté entre des souvenirs fugaces et flous d'une vie décousue. En proie aux réminiscences, le jeune homme sortit brutalement de sa torpeur. Non, il ne voulait pas faire une rétrospective. Inutile de jeter un coup d’œil en arrière, il entendait déjà suffisamment l'écho de ses souvenirs. Un écho qui raisonnait un peu comme celui de casseroles que l'on se traîne au cul... Un soupir irrité secoua sa faible carcasse. Jamais il ne se déferait de ses démons. Jamais.
Il se concentra alors sur la voix posée et assurée d'Aldona, se raccrochant à elle. L'écoutant religieusement, il ne se permit aucun commentaire, hochant mollement la tête. Il ne comprenait pas. Peut-être parce que c'était un mec. Peut-être parce que cela le dépassait tout simplement. Jamais il n'avait songé à comment la blondasse au généreux 95D menait sa vie en dehors des tournages et des sessions de photographie. Pour lui, elle n'était qu'un objet que l'on remettait au placard après chaque utilisation, suffisamment souvent pour ne pas qu'elle prenne la poussière. Et puis, le jour où elle est trop usée, cassée ou obsolète, on la jetait telle une ordure dans les déchets d'une ville qui s'occupera de la ronger, jusqu'à la faire disparaître. Un frisson inquiet tendit les traits d'Alec qui porta alors un regard anxieux à la demoiselle à ses côtés. Cette dernière s'était légèrement rapprochée. Même si elle essayait de positiver sur sa situation, Alec nota le sourire forcé dont elle se fendit. C'était triste. En un geste qui se voulait rassurant et vaguement protecteur, il referma sa paume sur l'épaule de la jeune femme, le bras tendu dans son dos. Et en guise de réponse, il laissa échapper un long filet de fumée qui s'évanouit dans l'air pourri de la ville. Seven Sins City. Cette ville transpirait, suait, suintait. Tel un poumon, elle battait au rythme des flots de sang qui l'alimentait. Chaque jour avait son crime, aussi sordide soit-il. Une vendetta qui s'est réglée dans l'écho sourd d'une détonation. Un meurtre irraisonné conduit par l'envie. L'achèvement d'une vie insouciante sous les coups de reins d'un esprit aviné. Avarice, luxure, paresse, envie, gourmandise, orgueil et colère. Tels étaient les sept péchés capitaux, maxime de cette ville. Qu'était-il lui dans tout cela ? A quel nom répondait-il ? Matérialiste, il ne faisait pas la charité, sauf pour fondre dans l'entre-jambe d'une charmante créature. Anesthésié par les drogues, il laissait ses envies le conduire, ignorant leurs ampleurs, s'adonnant à l'excès. Sous les traits du mépris, il tentait de masquer ceux de la violence aveugle. Oui, il était tout aussi pourri que cette ville. Un déchet parmi les autres. Un sourire triste fit trembler ses lèvres.
Ressasser le passé ne le mènerait à rien. Alec posa son regard sur Aldona, tentant d'annihiler ce reflux de ruminations. Plongée dans un silence posé, la belle portait avec élégance la cigarette à ses lèvres, inspirant une brève bouffée de fumée avant de la recracher sous la forme d'un long filet éphémère. Et elle recommençait. Inlassablement. Jusqu'à ce qu'un pauvre mégot finisse de se consumer entre ses longs doigts. Le calme les entourait. Seuls quelques éclats de voix mondains venaient briser le silence ambiant. De jeunes femmes qui partaient d'un rire sincèrement faux aux bras d'un vieil homme dégarni hélant le chauffeur de leur allemande. Une bande de types, fringués pour l'occasion, dont le plus éméché se ventait d'avoir baisé l'une des croupières dans les toilettes du personnel. Une diva de cinquante ans qui faisait du charme au voiturier, et qui - cougard jusqu'au bout des ongles - tentait de l'amadouer en lui mettant sous le nez un décolté garni du pourboire de l'employé. Jetant un coup d’œil indifférent aux diverses scènes, il finit par se permettre un sourire amusé en reconnaissant la diva : Shirley. Cette dernière partit d'un rire sonore, amusée par le malaise du voiturier qui finalement refusait son pourboire. La cinquantenaire lança un dernier regard touché au jeune homme avant de monter dans son américaine et de démarrer en trombe. Seul le ronronnement du moteur se faisait encore entendre lorsqu'Alec se décida à briser le silence qui s'était installé entre eux. Certes, il était détendu et entendu, mais cela le gênait tout de même un peu. Il venait juste de retrouver une très chère amie qu'il n'avait pas vu depuis huit ans, et la seule chose qu'il réussissait à lui offrir était un mutisme poli. Beaucoup de pensées se bousculaient dans son esprit, sans qu'aucune n'arrive à primer sur une autre, l'obligeant à se terrer dans ce foutu silence. Inspirant bruyamment, il tourna la tête vers la belle et commença à articuler une connerie d'une banalité affligeante, genre "C'est une belle soirée qu'on a là..." ; mais Aldona le coupa net dans son élan, jurant. Le jeune homme, surpris, se recula légèrement, se sentant accusé par cette interjection, comme s'il était coupable de quelque chose. Mais le regard de la belle ne l'incriminait aucunement. Le cou tendu, elle fixait avec appréhension un horizon désert. Arquant un sourcil, Alec suivit son regard, cherchant à voir ce qu'elle seule avait vu. Soudain, de nouveaux éclats de voix firent sursauter Aldona qui attrapa violemment sa main. Tendant l'oreille, Alec ne discerna que des voix masculines abruties par l'alcool ou un quelconque dépresseur. Le ton était mou, pâteux. Mais une énième voix écrasa les autres. Un peu plus perchée, elle vociférait des injures contre le monde entier à coup de "Putain, merde... C'sont des enculés... Péter la gueule... Bonnasse...". Au fur et à mesure du flot de paroles, Alec se sentit de plus en plus visé. En un réflexe, il se redressa sur ses deux jambes. Chancelant un instant, il se retrouva vite l'équilibre, l'adrénaline irriguant son esprit et ses jambes. Avançant d'un pas décidé, la bande de jeunes mecs semblait les avoir dans leur viseur, et se dirigeait dangereusement vers eux. Alec s'attendait à un ramassis de petites racailles en pantalon trop large, et casquettes à l'envers ; mais il découvrit cinq types vêtus de pantalons plutôt serrés et troués, chaussés de rangers, le crâne rasé.
- Putain, merde... des Skinhead... siffla Alec, assailli par une soudaine peur. Espérons que ce soit des Redskins, hein, tu leur diras des conneries en russe...
Un rire nerveux secoua Alec qui, tenant Aldona d'une main, la força à se redresser. Il fallait être prêt à courir. Arrivant à leur hauteur, la voix nasillarde les jugea, l’œil mauvais, avant de partir d'un rire tout juste possédé. La bande suivit en un gloussement gras. Alec tenta de rester le plus stoïque possible, portant discrètement sa main à sa ceinture.
- Jolie soirée pour des tourtereaux... lança le Skinhead qui semblait occupé la place de leader.
Ce dernier posa son regard sur Aldona. Un regard qui la déshabillait du regard. Qui la violait. Pris d'une soudaine impulsion - à la con -, Alec s'avança légèrement, masquant en partie Aldona.
- Qu'est-c' que t'as du con ?
Le ton implacable, Alec gonfla - inconsciemment - le torse.
- Ecoute l'nabot... Je pense qu'on va pouvoir s'trouver un arrangement... embraya le Skinhead. Tout le monde y gagnera... Tu verras, finit-il de dire en se léchant les lèvres, les yeux rivés sur la jeune russe.
| Spoiler: | | | Ouais, je reste à mes 1000 mots (pour être plus précise, il y en a un un peu moins de 1250 =P *fière*), juste pour faire chier, et parce que l'inspi' était là... Bref, enjoy =D |
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|  | | Egérie érotique


Messages: 73 Date d'inscription: 14/07/2011
 | Sujet: Re: Chiottes [Alec =)] Ven 2 Sep - 11:18 | |
| L'œil inquiet, elle focalisait son attention sur les silhouettes qui se précisaient, devinant avec la même appréhension qu'Alec qu'ils allaient avoir de sérieux problèmes. Les gars n'avaient pas l'air commodes et tout en eux, à travers leur apparence comme leur attitude; incitait à la méfiance. Ce n'était pas des bouseux qui trainaient, juste des mecs qui voulaient se divertir. Et le divertissement dans cette ville prenait souvent des proportions sanglantes ; on ne s'amusait qu'aux dépends d'autrui. Sauf qu'Aldona n'avait aucune envie de souffrir du blase de ces types et de servir de victime à quelques jeux malsains. Elle n'omit aucune résistance à Alec et se redressa rapidement, se servant brièvement de son épaule pour maintenir sa stabilité. Ce n'était vraiment pas le moment. On sous-estimait la difficulté à se tenir droit lorsque l'alcool menaçait l'équilibre déjà relatif des talons aiguilles. Mais la situation exigeait qu'elle se reprenne et face à la menace des cinq skins, le cerveau semblait soudainement retrouver une part de sa lucidité. Comme si la situation d'urgence ne l'autorisait plus à divaguer stérilement et que l'instinct de survie lui rendait ses capacités d'analyse et de réaction. Enfin, presque... Elle ne pouvait s'empêcher de rester immobile, à dévisager avec peut-être un peu trop d'insistance la bande de loubards qui leur faisait face, s'attardant sur leur regard luisant d'alcool et de connerie, leur putain de sourire mauvais. Les skins avaient la solide réputation de ne pas être des tendres, et la multitude de cicatrices qu'ils arboraient corroborait les rumeurs. La peau nue de leur crâne était plus efficace qu'une signalisation lumineuse pour annoncer les emmerdes. Jamais l'air con n'avait été aussi inquiétant, et jamais Aldona n'avait eu aussi peu envie de rejoindre l'hilarité grasse d'une bande de mec. Mal à l'aise, elle ne releva même pas le "tourtereaux" qui l'aurait fait bondir en tant normal. Mais elle avait plus de difficulté à ignorer le regard libidineux du leader. Il ne tentait même pas d'être discret, il la reluquait avec une indécence qui la rabaissait au rang d'un misérable quartier de viande. La sensation était plus que désagréable et si les impulsions absurdes que l'alcool suggérait à son cerveau pouvaient se réaliser, elle lui crèverait les yeux. Juste pour ne plus être confronté à cette lubricité écœurante. Et comme pour répondre à son désir inexprimé, Alec se décala, mettant les mots sur ce qui lui brulait les lèvres et qu'elle n'osait prononcer. Son intervention, quoique stupide et ridicule fut une sorte d'impulsion pour Aldona qui sortit de son inertie mentale. Lui adressant silencieusement un remerciement chaleureux, elle s'avança d'un pas, le regard dur, affichant une assurance que la situation n'aurait pas du lui autoriser.
Il y avait quelque chose de ridicule dans sa réaction, quelque chose de si absurde, de si dérisoire que ça en devenait risible. Elle n'était qu'une pauvre fille, frêle et vulnérable. Elle ne pouvait avoir aucune crédibilité dans une attitude autre que la fuite. Et pourtant, il y avait quelque chose qui bouillait en elle, un énervement stupide qu'elle ne pouvait retenir. En temps normal, elle se serait écrasée ou aurait trouvé un moyen de prendre la fuite, comme toute personne saine d'esprit serait supposée agir dans cette situation. Mais l'alcool heurtait les reflexes séculaires de survie, comme une petite voix l'incitant à la connerie. Sa notion du danger devait bien être altérée pour que le menton haut et le ton plein d'assurance, elle crache quelques mots à la gueule du skinhead comme si dans l'histoire, c'était plutôt lui la sous merde.
- Va te faire foutre, connard. T'as aucun droit sur moi alors passe ton chemin et fais pas chier. La vulgarité était en total désaccord avec son personnage, les insultes tellement improbables qu’elles laissèrent le skinhead interdit quelques secondes. Quelques longues secondes à son esprit aviné pour intégrer le fait qu'il venait de se faire insulter par une donzelle d'une tête de moins que lui et qu'en fait, c'était particulièrement humiliant. Quelques longues secondes pendant lesquelles Aldona pu revenir sur ce qu'elle avait prononcé et se dire très lucidement que c'était probablement la pire connerie à faire et que tout aurait mieux valu que de défier ceux qui leur faisaient face. Ce n'est pas comme s'ils étaient de taille, comme s'ils avaient la moindre chance de s’en sortir en cas de confrontation frontale. Aucun d'entre eux n'avaient de ceinture noire en un quelconque art martial, aucun ne cachait une kalachnikov sous sa veste, aucun n'avait reçu une médaille de sprint bourré. En clair, à cause d'un coup de sang et d’un manque caractérisé de réflexion, elle venait de les enfoncer un peu plus dans la merde. Ca lui rappelait leur jeunesse où ils faisaient preuve de la même capacité à avoir des ennuis, mais ça n'empêchait pas Aldona de ressentir une vague culpabilité d'avoir parlé trop vite. Toutefois elle n'eut guère plus de loisir à s'épancher en réflexions vaseuses car le skinhead vexé sembla se réveiller. Alors que ses potes étaient restés silencieux et s'étaient abstenus de la moindre remarque, se contentant d'un regard noir, ils s'agitèrent également en haussant la voix avec hostilité. Si c'était Alec qui avait parlé, ils n'auraient pas hésité à le tabasser, mais le fait que ce soit la fille les déstabilisait suffisamment pour qu'ils attendent une réaction de leur chef. Chef qui, partagé entre la colère et l'amusement, un sourire sadique et un ton agressif, se permit de déclencher les hostilités...
- Je vais me la faire, c'tte pute ! Ou comment perdre son assurance et sentir physiquement son visage se décomposer. Qu'il parle au sens sexuel, baston, ou les deux en même temps, le résultat était le même. Blême, elle se rapprocha d'Alec, cherchant non pas une issue mais une présence. Certes, elle ne comptait pas sur lui pour la défendre, mais le savoir proche l'empêchait de céder à la panique. Seule, ça aurait été une autre histoire et sa peur était combattue par la reconnaissance. Sauf que c'était bien beau tout ça, mais ça ne leur disait pas comment ils allaient s'en sortir.
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|  | | Dealer


Messages: 1168 Date d'inscription: 08/07/2011 Age: 19
 | Sujet: Re: Chiottes [Alec =)] Mar 6 Sep - 14:10 | |
| L'un des Skinhead tiqua, brisant en un fracas bref et sourd la bouteille de vodka qui lui pendait au bout du bras tout en enserrant le goulot fermement. Un vacillement imperceptible secoua Alec, vrilla un instant son esprit. Ils étaient dans la merde. Jusqu'au cou. La voix assurée d'Aldona claqua. Envoyant gentiment le Skinhead chier. Absolument pas crédible. Mais touchant. Un sourire fendit la gueule du jeune homme. Il la revoyait, complètement effrontée, la clope au bec, sommant bourrin et bourré d'aller voir sur le trottoir si elle y tapinait. Une violente assurance. Une insouciance désinvolte. Et elle clôturait son discours en jetant son mégot à la gueule de celui qui lui revenait le moins. Ca ne se finissait pas toujours dans la joie et la bonne humeur. Côtes cassées et fiertés brisées. N'empêche que cette fille avait des couilles. Et la capacité de réflexion d'un mec.
- Je vais me la faire, c'tte pute !
Le ton était donné. Tandis qu'il referma sa main sur le poignet de la belle, il porta son autre main à sa ceinture. Rien. Merde. Alec trouva quelques cartouches au fond de sa poche, mais sans le canon, elles n'étaient d'aucune utilité. Merde. Inspirant bruyamment, Alec posa un regard lourd dans celui d'Aldona, lui intimant qu'ils étaient dans une sacrée merde et qu'ils allaient devoir régler ça de manière très digne : la fuite. En fond, le Skinhead à la voix nasillarde s'excita, gueulant, jurant à tout va, galvanisant ses troupes. Il voulait leur faire la peau. Alec referma son emprise sur le poignet d'Aldona, les phalanges blanchies.
- Cours chérie... Cours... souffla t-il, le regard étrangement chaud. En souvenir du bon vieux temps, conclut-il en un sourire enflammé.
Alors que le Skinhead s'insurgeait de voir les deux abrutis, qu'ils voulaient tabasser, faire des messes basses, Alec partit en courant, arrachant en passant le bras de la jeune russe. Les talons d'Aldona claquaient sèchement sur le revêtement, ponctuant chacune de ses foulées. Mais rapidement, le son étouffé des grosses semelles suivirent, scandé par le tintintement de leurs chaînes. Alec accéléra. Peu à peu, sa main glissa du poignet de la belle, finissant par l'abandonner. Oui, abandonner, c'était le mot. Il n'y a que le Ken des films, étriqué par ses sens moraux, pour ralentir la cadence et sauver la demoiselle en détresse qui peine à courir derrière lui. Ce ne sont que des conneries. De parfaites conneries. Quand l'instinct te tient par les couilles, et qu'il t'intime de détaler, tu t'y appliques. Tu ne cherches pas midi à quatorze heures. Tu fonces. Donc oui, Alec abandonna Aldona à l'écho sec de ses talons. L'esprit complètement annihilé, il ne sentait plus ses jambes. Il ne se sentait plus.
Soudain, quelque chose de lourd le frappa à l'arrière du crâne. Vrillant un instant l'oreille interne, Alec perdit l'équilibre, partant en crabe sur le côté. Une vieille poubelle, dégueulante, l'accueillit. Le jeune homme s'écrasa complètement le flanc contre la paroi métallique. Mais encore transporté par l'élan, il ne finit sa course qu'en butant contre la seconde poubelle qui s'était renversée. Alec, dans un dernier réflexe de survie, tomba à quatre pattes, s'évitant la tronche la première dans ce qui ressemblait vaguement à une couche de bébé ayant eu une brave coulante. Une bouteille de vodka brisée roula jusqu'à lui, s'arrêtant contre son genoux. Putain, cet enfoiré de Skinhead savait viser. D'ailleurs, leurs voix empâtées s'élevèrent tout près. Alec lança un regard derrière son épaule : ils approchaient rapidement, trop rapidement. Le jeune homme se releva, chancelant, et tenta de remettre la machine en branle. Mais tout son corps protesta et se refusa à lui obéir. Un "Putain" glissa entre ses mâchoires serrées. Il devait repartir. Il le fallait. C'était une question de vie ou de mort. Jamais cette expression n'avait été plus appropriée. Tandis qu'il réussit à s'ériger sur ses deux jambes, une silhouette élancée traça sur sa gauche. Aldona. Un sourire fendit les lèvres du jeune homme qui passa la seconde.
Le cœur au bout des lèvres, Alec sentait lentement mais sûrement son estomac remonter. Le sang affluait dans ses tempes, brouillant sa vision. Tout n'était plus qu'une succession de tâches. Un bourdonnement sourd frappait ses tympans, trouvant en son cerveau un écho idéal. Il ne courrait plus droit. Et sourd à tout ce qui l'entourait, il ne se sentit comme jamais tel un lapin détalant entre les détonations des coups de fusil et les battements emballés de son cœur. Une pseudo ruelle. Vas-y mec, c'est le moment. Alec se jeta dans le couloir qui séparait les deux immeubles. Il ne devait pas faire plus d'un mètre, jonché d'énormes bennes à ordures. Alec s'accula contre le mur, tentant de se fondre avec les briques. Deux ou trois silhouettes - ... peut-être plus... peut-être moins... - filèrent tout droit, ignorant le couloir qui ne pouvait prétendre à être une ruelle... La tête braquée en arrière, Alec ferma les yeux, déglutissant difficilement, renvoyant une remontée acide au fond de son estomac retourné. Sa cage thoracique se soulevait rapidement, secouant sa maigre carcasse. Et puis, le spasme. Radical. Dévastateur. Implacable. Tombant à genoux, Alec s'arracha les doigts sur la benne, claquant une ou deux phalanges. La tête lourde, son esprit bouillonnait. Tremblant, un énième spasme entrouvrit ses lèvres, laissant couler une long filet chaud. Tel un violent coup de pied balancé dans l'estomac, Alec se tordit, se plia à deux, dégueulant ses tripes. Classe. Non, ne pas céder à la facilité d'une douce léthargie. Mais inutile de nier, son esprit lui filait entre les doigts, se mourant dans le néant. Putain, non. Non.
Encore secoué de spasmes, Alec réussit à se redresser légèrement à l'aide de la benne à sa droite. Il mit suffisamment de force pour pouvoir se jeter en arrière et s'asseoir. Se frappant l'arrière du crâne brutalement, le goût du sang lui envahit la gorge. Et alors qu'il allait pour cracher, ses yeux se posèrent sur deux pieds ancrés à tout juste deux mètres de lui. Et merde... | Spoiler: | | | Mille et UN mots... =D |
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